Quoi de neuf Dimanche ? (6ème dimanche A, 12 février 2017)

Ce dimanche, selon Ben Sirac (Si 15,15-20), « tu peux observer les commandements », ou pas, quoique le Seigneur « n’a permis à personne de pécher ». Ah, faudrait savoir. Paul (1 Co 2,6-10) rappelle aux Corinthiens que la sagesse du Christ n’est pas celle du monde et des hommes sans le Christ. Ça tombe bien. Ainsi, on comprend pourquoi on ne comprend rien à l’Evangile de ce jour (Mt 5,17-37), où Jésus nous conseille de nous arracher l’oeil droit et de nous couper la main droite si jamais ces organes, somme toute bien pratiques, nous conduisaient au péché.

Je sais bien qu’au pays des aveugles à la foi du Christ, les borgnes sont rois, mais dans la réalité, malgré toute la ferveur des catholiques, je vois assez peu de tas d’yeux droits aux abords des églises, et le seul borgne connu à peu près catholique en France est peu fréquentable. De plus, on peut difficilement soutenir que les croyants sont tous des manchots, malgré, parfois, leur côté pingouin endimanché. Il va falloir élever le débat.

D’abord, c’est le Christ qui le dit, plutôt que le respect strict et légaliste des Commandements, c’est la Paix qui compte. La fraternité d’abord, les dévotions ensuite. Ensuite, Jésus nous parle d’adultère. De façon bien raide : « Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme et la désire a déjà commis l’adultère avec elle dans son coeur. » et c’est là que commence la boucherie : « Si ton oeil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi ». « Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi ». Donc, le moindre adolescent boutonneux avec son plein d’hormones peut commencer à jouer du canif dans son orbite et de la scie égoïne sur son poignet. Naaann, quand même pas. Il lui suffira d’adopter une culpabilité souffreteuse sur toutes les choses du sexe pendant 2 000 ans parce qu’aucun clerc sérieux n’a été foutu d’interpréter correctement ce putain de texte dans la joie de l’Evangile.

Donc, maintenant, on arrête les conneries ; Mesdames et Messieurs les obsédé.es sexuel.les, revenez quand vous serez calmé.es ou satisfait.es, ça va aider à la réflexion. Cet oeil et ce bras droits font plutôt penser aux imprécations de Zacharie 11, 17 : « Malheur au pasteur de néant, qui abandonne ses brebis! Que l’épée fonde sur son bras et sur son oeil droit! Que son bras se dessèche, Et que son oeil droit s’éteigne! » En fait, l’adultère décrit ici est spirituel, c’est l’éloignement, l’oubli, non pas seulement de Dieu, mais de la communauté de foi. C’est l’abandon de notre responsabilité pastorale de baptisé, de notre rôle de prêtre, prophète et roi, envers nous-mêmes et tout notre troupeau de frères. C’est bien plus grave que nos amours contingentes.

La femme désignée ici par Jésus, c’est notre propre intériorité, qu’on écoute pas, ou plus, qu’on renvoie, qui se fourvoie et bat la campagne. C’est pour cela qu’il est si important « de ne faire aucun serment », mais d’être une seule chair, corps et esprit, unifiée, pour que simplement notre « oui » soit « oui » et notre « non » soit « non ».

Ainsi, en paix et en communion de foi avec notre femme, pardon, notre flamme intérieure retrouvée, nous pourrons sans complexe marier les divorcé.es et les homosexuel.les à l’église et à l’Eglise.

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