Quoi de neuf Dimanche ? (8ème Dimanche A, 26 février 2017)

Ce dimanche, le Seigneur est une femme, c’est Isaïe (49,14-15) qui le dit : « ‘le Seigneur m’a oubliée.’ Est-ce qu’une femme peut oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils de ses entrailles ? » Mais Paul (1 Co 4,1-5) nous recommande d’arrêter de parler genre, sexe, ou morale : » Frères, il faut que l’on nous regarde seulement comme les serviteurs du Christ et les intendants des mystères de Dieu. Et ce que l’on demande aux intendants, c’est en somme de mériter confiance. » La Parole, la Foi, le témoignage, l’action et basta. Le reste, on s’en fout ! « Pour ma part, je me soucie fort peu de votre jugement sur moi, ou de celui que prononceraient les hommes ; d’ailleurs, je ne me juge même pas moi-même. » Aïe, certains manifestants roses et bleus vont sécher la messe d’aujourd’hui.

Donc, le Père-Mère tout-puissant ne nous oubliera jamais, et la seule chose est de bien faire notre boulot de serviteurs du Christ et d’intendants des mystères de Dieu. C’est pourquoi le Christ lui-même (Mt 6,24-34) nous recommande de ne pas nous demander : ‘Qu’allons-nous manger ?’ ou bien : ‘Qu’allons-nous boire ?’ ou encore : ‘Avec quoi nous habiller ?’. Ce serait servir Mammon, l’Argent, plutôt que Dieu. Oui, mais, quand même … Le païen ne manque pas de bon sens quand il se préoccupe de sa pitance et des nippes qui vont le couvrir. Mais pourquoi, dans cette histoire, ne se soucie t-il pas aussi de son logement, de sa santé et de plein d’autres choses bien matérielles que ne cite pas le Christ ? La crainte du païen, ici, ne serait que de se trouver nu et de n’avoir à manger que des fruits interdits, comme Adam et Ève au Jardin ? « Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus le marché. » Alors surgit une question, très terre-à-terre, donc très incarnée : comment chercher le Royaume et sa Justice de façon à ce que nourriture et vêture aillent de soi, et pour tous ? Peut-être est ce finalement la même chose : assurer les besoins fondamentaux de tous, sans exception, sans barguigner, ne serait pas trouver le Royaume et sa Justice ? Que vaut une foi, une religion, une Église, incapable de faire survenir le bonheur matériel minimal des hommes et des femmes, sur toute la Terre, et laissant le païen esclave de sa survie au quotidien ? Le Pain du Christ n’est pas que Parole, il est engagement social, c’est un pain complet, physique, incarné et spirituel, et le vêtement de peau que tisse le Seigneur dès la sortie d’Eden, c’est la dignité de l’homme, enfin libéré de la sempiternelle quête de sa simple survie.

Si un homme, une femme, a encore faim sur cette Terre, le Royaume et sa Justice sont hors d’atteinte. Si l’Eglise n’est pas d’abord sociale, elle n’est pas.

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