Quoi de neuf Dimanche ? (2ème dimanche de Carême A, 12 mars 2017)

Ce dimanche, en Abraham « seront bénies toutes les familles de la terre » (Gn 12, 1-4). Toutes les familles. Toutes ? Toutes. Simplement parce que l’un d’entre eux est appelé. Appelé à prendre la route, à quitter son pays et sa famille. À sortir du cadre, à s’extraire du schéma, à « devenir une bénédiction ». C’est l’Abraham qui chemine en nous qui compte, pas notre structure familiale. D’ailleurs, les familles d’Abraham et de Loth sont loin d’être « classiques » : une GPA d’Agar, la servante de Sarah, pour Abraham, un viol familial par ses filles, pour Loth.

Cet appel, cette grâce qui seule compte, Paul nous la révèle avec le Christ (2 Tm 1, 8b-10). Et cela nous a été donné avant tous les siècles, sans considération de nos actions passées, simplement du fait du projet du Fils de l’Homme. Peu importe ce que nous ayons fait ou été, trader cupide, marchand d’armes, fasciste ou simple con, ce que nous avons pu voir dans la résurrection du Christ, c’est la Grâce qui va nous permettre de vaincre la mort, la bêtise, la violence de l’humaine condition.

Comme lors de la Transfiguration (Mt 17,1-9), nous sommes parfois témoins de cette Grâce qui touche le simple Abraham, la Sarah moyenne qui chemine à nos côtés, et nous les voyons soudain, tels Moïse et Élie, parler avec le Christ. Résistons à la tentation de nous mêler de leur dialogue. Ne faisons pas comme Pierre, qui peut-être sous le prétexte d’une primauté à prouver, dérange la conversation du Christ et des prophètes, donc des baptisés. Écoutons, regardons, bénissons, réjouissons nous avec tact. N’allons pas compter les mètres carrés des prés d’herbe verte sur lesquels reposer, n’attribuons pas de petits emplacements, de petits rôles à chacun, « une tente pour le Christ, une pour Moïse et une pour Élie », une tente pour les hommes, une tente pour les femmes, une pour les laïcs, une pour les clercs, une tente pour les hétéros, une tente pour les homos. Et Miss Camping, c’est la Vierge Marie ? L’Eternel lui-même trouve ça si stupide qu’il interrompt Pierre : « une nuée lumineuse les couvrit de son ombre ». En clair, Pierre, ta gueule. Ton magistère ne compte pas plus que la parole d’un gérant de camp de toile, qui peut être certes, très évangélique. Il y a des moments où il faut seulement entendre dire : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour ; écoutez-le ! ». Ecoutez-Le. Sans compter les points, sans dominer personne et sans vous prosterner devant quiconque.

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