Quoi de neuf Dimanche ? (5ème dimanche de Carême A, 2 avril 2017)

Ce dimanche, Ezechiel nous libère à tombeaux ouverts : pour lui, ressusciter, c’est être libre. (Ez 37, 12-14) Que dire de plus ? Paul nous dit que l’Esprit fera revivre notre chair par l’Esprit (Rm 8, 8-11), et Jésus fait revenir Lazare de la mort (Jn 11,1-45). Et nous voici face à trois modèles de résurrection, en attendant celle du Christ à Pâques. Vous croyez à la Résurrection ? À laquelle ?

La résurrection de Lazare rappelle autant celle promise par Ezechiel que celle promue par Paul. Mais c’est tout de même une drôle d’histoire. Lazare est malade, Lazare va mourir, Lazare s’endort, Lazare est au tombeau, Lazare pourrit dans sa grotte, le Christ ne vient pas. Maintenant que Lazare est bien mort, Jésus arrive « pour que vous croyiez ». Et Thomas ajoute : « Allons-y nous aussi, pour mourir avec lui ! » Bigre, à croire que la mort est nécessaire à la foi. Mais quelle mort ? Marthe, chair toujours active, vient à la rencontre de Jésus, lui exprime sa foi classique, réglementaire, en la Résurrection, puis va chercher sa soeur Marie en lui disant : « Le Maître est là, il t’appelle. », alors qu’il n’a rien dit du tout ! Marie vient, pleure et écoute, esprit aux pieds du Christ.

Puis le récit du miracle attendu bascule dans un étonnant minimalisme divin. Le Fils de Dieu demande où l’on a pu bien mettre le mort Lazare. Peut être n’aurait-il pas fallu le mettre au tombeau ? Et s’il n’était mort qu’aux yeux des hommes ? Lazare est dans les ténèbres, comme nous dans la nuit de nos interrogations, de nos doutes ou de nos regrets. Jésus demande aux hommes de bouger la pierre qui obstrue le tombeau : ce n’est pas à Dieu de faire jaillir tout seul la Lumière. Marthe réagit en se bouchant le nez: « Mais, Seigneur, il sent déjà ». Oui, Marthe, la mort bien enfermée dans son tombeau, c’est propre et confortable pour les vivants qui l’oublient. Mais la Résurrection, ça pue. On peut dire de la Résurrection ce qu’Edouard Herriot disait de la politique : c’est comme les tripes, c’est bon, mais ça sent toujours un peu la merde. La Ressurection, c’est la Ressurection de la chair, et la résurrection de tes tripes. Le Christ appelle Lazare. Il vient mais il est entravé : « les pieds et les mains attachés, le visage enveloppé d’un suaire ». Et c’est aux hommes et aux femmes qui écoutent le Christ de le libérer complètement de la mort, ou de ce qui en tient lieu. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. » Action humaine et liberté …

Comme au premier jour, le Christ a séparé la Lumière et Lazare des ténèbres. Plus tard, « six jours avant la Pâque », Lazare sera à table avec Jésus, Marthe les servira, et Marie, répandant un parfum de grand prix sur les pieds du Christ et l’essuyant avec ses cheveux, continuera la nouvelle Création, séparant les eaux parfumées du bas, des pieds du Jésus terrestre, des eaux odorantes du haut, de ses cheveux à elle, Marie, faisant apparaître tout le ciel de la Résurrection, un ciel de pauvres, toujours avec nous. « Vous avez toujours les pauvres avec vous, mais vous ne m’avez pas toujours. » Avant de ressusciter dans les parfums de l’Esprit, nous avons un bon paquet de pauvres Lazare puants à libérer.

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