Quoi de neuf Dimanche ? (30 avril 2017, 3ème dimanche de Pâques A)

Ce dimanche, Pierre (Ac 2,14.22b-33) est un Pape comme il faut. Totalement maladroit vis-à-vis de ceux qui croient en Dieu, mais direct : « vous l’avez fait mourir en le faisant clouer à la croix par la main des païens ». Et parfaitement croyant en la Résurrection : « Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins ». Sa seule mission : convaincre que le Christ est bien le Messie attendu. Ce faisant, il achève « la religion de la sortie de la religion », chère à Marcel Gauchet. Le judaïsme a détruit le polythéisme des païens. Monothéistes et païens ont fini par tuer le Dieu résiduel, et la Résurrection nous donne le seul Dieu éternel, un Messie au milieu de nous, faible mais fort de nos fois, discret, mais agissant par nos bras. Pierre nous le confirme dans sa lettre (1 P 1, 17-21), ce qui nous sauve et nous fait avancer, c’est un carburant bien particulier, « le sang précieux », qui coule désormais dans nos artères de Corps du Christ.

Recréés par la Résurrection, nous sommes comme l’Homme et la Femme au sixième jour, à qui l’Eternel explique le monde et leur rôle en celui-ci. Aujourd’hui, quelques jours après Pâques, nous sommes tous et toutes, ish et isha, mâle et femelle, les compagnons d’Emmaüs (Lc 24,13-35), que seuls des siècles de machisme ont pris pour deux hommes, ce que le texte ne dit pas. Et l’Eternel-Christ ne demande pas aux hommes et aux femmes de « dominer sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre », mais de maîtriser l’Ecriture, de savoir la relire dans l’Histoire et le présent. Jésus ne demande pas d’être cru, mais d’abord d’être lu. Mais cela ne suffit pas. Il veut être vécu. Et c’est le partage du pain qui fait, à la fin du chemin, reconnaître le Christ et croire en Lui et en l’Homme.

Le dimanche, nous faisons comme les compagnons d’Emmaüs : nous écoutons la Parole et nous partageons le Pain de l’Eucharistie. Mais si cette histoire est une nouvelle Création, le Christ ne vaut-il qu’une messe ? Plutôt que de commenter plus ou moins talentueusement trois bouts de textes , ne nous faut-il pas faire la catéchèse au monde comme le Christ la fit à ses deux disciples ? Et plutôt que de distribuer les chiches rondelles azimes de l’Eucharistie-action de grâce, ne faut-il pas, pour vraiment ressusciter le Christ, s’assurer d’abord que chacun mange à sa faim ?

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