Quoi ne neuf Dimanche ? (4 juin 2017, Pentecôte A)

Ce dimanche, c’est Pentecôte, et avant de faire parler dans toutes les langues, le Ciel fait du vent dans la maison (Ac 2, 1-11) : « Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. » Avant de voir « apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d’eux », les disciples font d’abord l’expérience du bruit et de la tempête dans leur maison et peut-être dans leurs crânes. Avant de parler à chacun en son langage, il faut savoir faire entrer un peu d’air, aérer la maison, chasser l’odeur de renfermé, ouvrir les fenêtres. C’est ce que fit Jean XXIII : ouvrir les fenêtres de son bureau, pour expliquer à ses hôtes la démarche du Concile Vatican II. Personne ne les a refermées, j’espère ?

La Pentecôte fut fête des moissons, puis de l’Alliance au Sinaï. Ouvrir les fenêtres, faire entrer le soleil, pour battre le grain et les tapis de conservatisme coincés sous les tables de la Loi, voilà un bon nettoyage de printemps. Des tables de la Loi, on ne voit plus que la pierre et la poussière qui la recouvre. Quant à nos têtes, tout aussi dures et encrassées, un décapage à la langue de feu leur fera le plus grand bien. Sinon, que faire de ces lois de pierre et de nos têtes de poussière ? Des tours de Babel ?

La Pentecôte ne consiste pas seulement à savoir parler aux autres en leurs langues. C’est d’abord s’aérer la tête au vent de l’Esprit et s’échauffer les idées à la langue de feu de la Parole. À plusieurs. C’est pour cela que Paul nous décrit comme le Corps du Christ, malgré nos différences. L’esprit fait dire le Christ, formé de tous ensemble (1 Co 12, 3b-7.12-13). L’Esprit nous fait dire nous. Et Lui en nous. « Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous. » Plus de differences, de déférences, d’ordre, de hiérarchies, de maîtres, d’esclaves.

Nous sommes un, nous sommes le corps glorieux du Christ, celui qui comme le vent passe à travers les murs et les portes fermées de la maison-monde, mais qui porte physiquement et assume toutes nos blessures, nos mains et nos flancs transpercés par les mauvais coups de la vie (Jn 20,19-23). Nous ne sommes plus poussière accumulée par les ans ou simples dalles de pierre qui disent la Loi ou la morale : le Christ nous insufle l’Esprit comme l’Eternel la vie dans la Genèse (Gn 2, 7). Nous passons du minéral à l’animé. Et tout devient permis dans l’Esprit : « Tout m’est permis, mais tout n’est pas utile; tout m’est permis, mais je ne me laisserai asservir par quoi que ce soit. » (1 Co 6, 12) Et c’est ainsi que n’importe quel-le disciple, rempli-e de l’Esprit Saint peut remettre ou pas les péchés. (Jn 20, 23) Certains, habitués a exercer un pouvoir spirituel, comme cela se fait dans les religions non chrétiennes, risquent de ne pas être d’accord. Mais nous avons respiré le vent de l’Esprit. A nous de souffler fort.

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