Quoi de neuf Dimanche (14e dimanche A, 9 juillet 2017)

Juste un dimanche dit « ordinaire » : Zacharie (Za 9, 9-10) nous annonce l’arrivée d’un roi sur un âne ; ben voyons, comme si notre président, le 14 juillet, descendait les Champs-Elysées sur une tondeuse à gazon. La Bible, c’est vraiment pas jupitérien. Ce dimanche est aussi comme les autres pour les platoniciens : Paul (Rm 8, 9.11-13) y fustige le corps, prison de l’âme. A moins que Paul ne soit juif, formé par Gamaliel, et cultive soigneusement l’Esprit … de contradiction. Et ce dimanche, on rentre dans le rang avec le Christ qui nous fait prendre son joug (Mt 11,25-30). Sommes nous le bétail de l’histoire ?

Alors qu’Alexandre conquiert le monde le glaive à la main, Zacharie invente plus que le soft power, cette doctrine récente de la domination économique et culturelle. Avec son roi sur son ânon, il inaugure à la fois le slow power et le poor power. Les hommes n’ont que faire de vitesse et de conquêtes. Ils veulent simplement creuser leur sillon, l’âne tirant la charrue. Cultiver la Terre, et la vie, en paix. Toute magnificence supérieure à cela n’est que violente, inutile et éphémère. Réussir à n’être rien, c’est tout. Tiens, Jésus prendra juste un ânon pour monter à Jérusalem. D’autres auraient pris un command car … 

Êtes vous sous l’emprise de la chair ? Que nenni, me direz vous, vous ne déclenchez plus, comme auparavant, à chaque début de vacances, le fameux (et fumeux) plan 3B (Boire, Bouffer, Baiser). Mais ici, la chair ne désigne pas que le corps et ses plaisirs. La chair, c’est aussi la vie quotidienne sans réfléchir, sans prise de recul, c’est le flot, les habitudes, l’esprit grégaire, les réflexes tribaux qui nous mènent et nous asservissent. La chair, ici, c’est de la viande morte, sans os pour la tenir, exsangue de vie qui circule. C’est peut être casher ou hallal, mais ce n’est bon qu’à être bouffé par l’existence, et chié par le temps qui passe.

Que nous manque t-il pour être autre chose qu’un troupeau de primates ? De l’Esprit. Et ceci n’est pas une règle ou une discipline. Au contraire, le Christ parle d’un « joug facile à porter, et d’un fardeau léger ». Et surtout, détail qu’on oublie souvent, Jésus nous invite ainsi : « Prenez sur vous mon joug ». Vous connaissez beaucoup d’espèces de bétail qui prennent leur joug elles- mêmes ? Ce joug est donc un choix personnel. Et ce choix présuppose qu’on se soit débarrassé des autres jougs, car on ne peut en porter qu’un à la fois. Ce joug léger, qui empêche qu’on vous en attache un autre, ressemble fort à la liberté.

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Quoi de neuf Dimanche ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s