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Gloire à Simone Veil. Hommage catholique.

Gloire à Simone Veil. Non seulement le droit à l’I.V.G. est indispensable, mais tout catholique devrait le soutenir. Il est partie intégrante de l’anthropologie chrétienne. Et quant à ceux qui pensent encore qu’un œuf fécondé est un enfant, ils mériteraient de se faire assiéger de demandes de messes et de funérailles par toutes celles qui connaissent le douloureux désagrément de la fausse-couche.

Je suis catholique donc pour le droit à l’I.V.G.

Le droit à l’I.V.G. épargne les vies sacrifiées, les naissances non désirées, les éducations inexistantes qui mènent aux destins criminels chez les plus défavorisés, dont les mères n’ont pas pu accéder à l’avortement, même clandestin. Et si le droit à l’I.V.G. était reconnu, soutenu et rendu possible partout, 70 millions de femmes sur la Terre ne mourraient pas chaque année sous les pattes de maladroites faiseuses d’ange. Le droit à l’I.V.G. reconnait aux femmes la maîtrise de leur corps, de leur vie, de leurs choix. Ne pas leur accorder, c’est les laisser sous le joug de la nature, du patriarcat et d’une citoyenneté de seconde zone. C’est considérer les femmes comme les couveuses des enfants des mâles, comme des coquilles d’œufs qu’on n’hésitera pas à briser, physiquement ou psychiquement, pour favoriser des naissances en nombre. Mais tous ces arguments ne sont que raison démocratique et humaniste, que seuls machistes, réactionnaires et autres profiteurs d’une société strictement hiérarchisée contredisent, sous le prétexte fallacieux de la défense d’un embryon qui n’est pas une personne, mais seulement la potentialité d’une vie, pas toujours humaine.

Si je suis pour le droit à l’I.V.G., c’est parce que je suis catholique. La Bible nous apprend que pour Dieu lui-même, l’homme, la femme, doivent toujours avoir le choix. Dès la Genèse, il nous est donné la possibilité de suivre ou pas un ordre, fût-il divin. Adam et Eve ne sont pas des machines sous commande divine, ils prennent la liberté qu’on leur donne, quitte à en subir les conséquences. Parce qu’ils sont à l’image de Dieu, hommes et femmes sont avant tout libres de leurs choix vis-à-vis de Lui et des autres hommes. Comme il nous est dit que Dieu « forma l’homme de la poussière et souffla dans ses narines un souffle de vie » (Genèse 2, 7), ni l’homme, ni la femme ne peuvent être une simple terre inerte et contrainte qu’on laboure et qu’on sème, avec du sperme, des interdits ou des idées toutes faites. Le Souffle de Vie nous confère liberté.

Avec la liberté imprescriptible de l’homme face à Dieu, la tradition juive sera le dialogue conflictuel, mais ininterrompu, entre l’Eternel et sa créature désobéissante. Puis vint l’Annonciation (Luc 1, 26-38).

L’Ange Gabriel annonce à Marie, une femme élevée dans la tradition juive de la Loi divine qu’on suit ou qu’on enfreint, qu’elle enfantera le Fils de Dieu. Bien que ce soit Gabriel, la « voix puissante » de Dieu qui la lui apporte, cette nouvelle est en elle-même un scandale du point de vue de la Loi. L’Incarnation de Dieu en l’homme, de Jésus en Marie, abolit la séparation entre l’Eternel et Adam et Eve ; elle efface tout contentieux ancien entre Dieu et l’Homme, tout ce qu’on pourrait appeler péché originel. Dieu est en Marie-l’Humanité, et le Fils de l’Homme est Dieu. Ce que propose Gabriel à Marie, ce ne sont plus des interdits ou une Loi à respecter scrupuleusement (ou pas), c’est de faire partie de Dieu lui-même, en l’enfantant. Ce n’est pas recevoir les tables de la Loi comme Moïse, ce n’est pas se voir imposer l’heureux miracle de la naissance d’Isaac, comme Sarah, l’épouse nonagénaire d’Abraham, c’est prendre part à la divinité. Gabriel s’adresse à une femme-image de Dieu, qui va enfanter Dieu. Il ne l’oblige donc à rien. Elle interroge : « Comment se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ? » Il lui répond : « Rien n’est impossible à Dieu », mais attend son accord avant de partir. C’est la premiere femme qui peut choisir d’être enceinte ou pas : formidable rupture anthropologique. Et c’est le « Oui » de Marie, son choix libre qui permet l’Incarnation. Pas la seule décision divine.

L’histoire conjointe de Dieu et des hommes passe de l’interdit d’Eden à la Loi de Moïse puis à l’Incarnation, acceptée librement par Marie, à qui Dieu lui-même n’impose ni la grossesse, ni la Loi, ni la foi. Cette évolution éclaire une position véritablement catholique, – chrétienne et universaliste – sur le droit à l’I.V.G. Interdire l’IVG n’empêchera pas les avortements clandestins et des milliers de femmes continueront à en mourir. Une loi est nécessaire, en Pologne comme en France et sur toute la Terre pour assurer à toutes les femmes le droit à l’I.V.G. et la maîtrise de leurs corps, de leur vie, de leurs choix intimes. Ainsi, quand surviendra l’annonce d’une naissance, comme Marie le fit en disant oui à Gabriel alors qu’elle pouvait dire non, les femmes pourront s’accomplir, et accomplir la loi des Hommes et de Dieu par leur choix libre.

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Gloire à Simone Veil. Hommage catholique.

Gloire à Simone Veil. Non seulement le droit à l’I.V.G. est indispensable, mais tout catholique devrait le soutenir. Il est partie intégrante de l’anthropologie chrétienne. Et quant à ceux qui pensent encore qu’un œuf fécondé est un enfant, ils mériteraient de se faire assiéger de demandes de messes et de funérailles par toutes celles qui connaissent le douloureux désagrément de la fausse-couche.

Je suis catholique donc pour le droit à l’I.V.G.

Le droit à l’I.V.G. épargne les vies sacrifiées, les naissances non désirées, les éducations inexistantes qui mènent aux destins criminels chez les plus défavorisés, dont les mères n’ont pas pu accéder à l’avortement, même clandestin. Et si le droit à l’I.V.G. était reconnu, soutenu et rendu possible partout, 70 millions de femmes sur la Terre ne mourraient pas chaque année sous les pattes de maladroites faiseuses d’ange. Le droit à l’I.V.G. reconnait aux femmes la maîtrise de leur corps, de leur vie, de leurs choix. Ne pas leur accorder, c’est les laisser sous le joug de la nature, du patriarcat et d’une citoyenneté de seconde zone. C’est considérer les femmes comme les couveuses des enfants des mâles, comme des coquilles d’œufs qu’on n’hésitera pas à briser, physiquement ou psychiquement, pour favoriser des naissances en nombre. Mais tous ces arguments ne sont que raison démocratique et humaniste, que seuls machistes, réactionnaires et autres profiteurs d’une société strictement hiérarchisée contredisent, sous le prétexte fallacieux de la défense d’un embryon qui n’est pas une personne, mais seulement la potentialité d’une vie, pas toujours humaine.

Si je suis pour le droit à l’I.V.G., c’est parce que je suis catholique. La Bible nous apprend que pour Dieu lui-même, l’homme, la femme, doivent toujours avoir le choix. Dès la Genèse, il nous est donné la possibilité de suivre ou pas un ordre, fût-il divin. Adam et Eve ne sont pas des machines sous commande divine, ils prennent la liberté qu’on leur donne, quitte à en subir les conséquences. Parce qu’ils sont à l’image de Dieu, hommes et femmes sont avant tout libres de leurs choix vis-à-vis de Lui et des autres hommes. Comme il nous est dit que Dieu « forma l’homme de la poussière et souffla dans ses narines un souffle de vie » (Genèse 2, 7), ni l’homme, ni la femme ne peuvent être une simple terre inerte et contrainte qu’on laboure et qu’on sème, avec du sperme, des interdits ou des idées toutes faites. Le Souffle de Vie nous confère liberté.

Avec la liberté imprescriptible de l’homme face à Dieu, la tradition juive sera le dialogue conflictuel, mais ininterrompu, entre l’Eternel et sa créature désobéissante. Puis vint l’Annonciation (Luc 1, 26-38).

L’Ange Gabriel annonce à Marie, une femme élevée dans la tradition juive de la Loi divine qu’on suit ou qu’on enfreint, qu’elle enfantera le Fils de Dieu. Bien que ce soit Gabriel, la « voix puissante » de Dieu qui la lui apporte, cette nouvelle est en elle-même un scandale du point de vue de la Loi. L’Incarnation de Dieu en l’homme, de Jésus en Marie, abolit la séparation entre l’Eternel et Adam et Eve ; elle efface tout contentieux ancien entre Dieu et l’Homme, tout ce qu’on pourrait appeler péché originel. Dieu est en Marie-l’Humanité, et le Fils de l’Homme est Dieu. Ce que propose Gabriel à Marie, ce ne sont plus des interdits ou une Loi à respecter scrupuleusement (ou pas), c’est de faire partie de Dieu lui-même, en l’enfantant. Ce n’est pas recevoir les tables de la Loi comme Moïse, ce n’est pas se voir imposer l’heureux miracle de la naissance d’Isaac, comme Sarah, l’épouse nonagénaire d’Abraham, c’est prendre part à la divinité. Gabriel s’adresse à une femme-image de Dieu, qui va enfanter Dieu. Il ne l’oblige donc à rien. Elle interroge : « Comment se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ? » Il lui répond : « Rien n’est impossible à Dieu », mais attend son accord avant de partir. C’est la premiere femme qui peut choisir d’être enceinte ou pas : formidable rupture anthropologique. Et c’est le « Oui » de Marie, son choix libre qui permet l’Incarnation. Pas la seule décision divine.

L’histoire conjointe de Dieu et des hommes passe de l’interdit d’Eden à la Loi de Moïse puis à l’Incarnation, acceptée librement par Marie, à qui Dieu lui-même n’impose ni la grossesse, ni la Loi, ni la foi. Cette évolution éclaire une position véritablement catholique, – chrétienne et universaliste – sur le droit à l’I.V.G. Interdire l’IVG n’empêchera pas les avortements clandestins et des milliers de femmes continueront à en mourir. Une loi est nécessaire, en Pologne comme en France et sur toute la Terre pour assurer à toutes les femmes le droit à l’I.V.G. et la maîtrise de leurs corps, de leur vie, de leurs choix intimes. Ainsi, quand surviendra l’annonce d’une naissance, comme Marie le fit en disant oui à Gabriel alors qu’elle pouvait dire non, les femmes pourront s’accomplir, et accomplir la loi des Hommes et de Dieu par leur choix libre.

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Quoi de neuf Dimanche ? (6 novembre 2016, 32ème dimanche C)

Ce dimanche, on massacre les sept frères Macchabées ( 2M 7, 1-2, 9-14), puis Jésus nous parle mariage, filiation, et résurrection (Lc 20, 27-38)

Les Sadducéens qui interrogent Jésus ne croient pas à la résurrection, et prennent pour se coincer le Christ un exemple qui fait penser aux sept frères Macchabėes. Dans leur histoire, sept frères épousent successivement la même femme après la mort du mari précédent, mais tous meurent sans descendance. Question des Sadducéens : à la résurrection, de qui est-elle l’épouse ? Réponse de Jésus : on s’en fout. À la résurrection, personne n’est le conjoint de personne, d’ailleurs, certains, hélas, voient Dieu à l’âge où l’on est trop jeune pour se marier. Et Jésus précise bien les choses : « les enfants de ce monde se marient ». Ou pas. Pour avoir descendance. Ou pas. Mais à la résurrection, les mêmes seront comme des anges. Et il faudrait être de Sodome ou Gomorrhe pour vouloir les connaitre et leur soupçonner quelque orifice, particulièrement fâcheux lors de leur survol de nos campagnes, entonnant l’hymne des cieux, à la sortie de la messe de Noël. Ou alors, compte tenu de mon expérience des pigeons de Paris, je m’équiperais d’un parapluie renforcé.

Jésus ne fait pas que moucher les Sadducéens. Son intervention est aussi un piège à Pharisiens. Ces derniers pourraient facilement croire qu’il y a deux sortes d’hommes : ceux qui se marient, et ceux qui deviennent des anges, déjà au ciel avec Dieu. C’est cette vision du prêtre qui les a éloignés du peuple et des réalités du temps, jusqu’à dissimuler et protéger ceux qui parmi eux étaient des criminels pédophiles. Non, mille fois non, nous sommes tous les enfants de ce monde, et nous pouvons tous nous marier, même si nous sommes prêtres ou homosexuels. Et nous tous, qui avons « été jugés dignes d’avoir part au monde à venir », petits, gros, débiles, laids, beaux, riches et intelligents, affreux, sales et méchants, notre sort est égal, avec deux ailes, nous sommes comme les anges de Dieu, de drôles d’oiseaux tous frères et tout fiers de porter sa Parole au monde entier et pas seulement dans nos campagnes. La vie éternelle, la communion des saints, l’Eglise, est une fratrie, pas une famille. Et ceux qui veulent savoir qui est marié, qui ne l’est pas, qui est la femme ou l’homme de qui, quelle la filiation de cet enfant, qui baise qui, quelle famille fait tribu, me semblent entretenir grand commerce amoureux avec les drosophiles et feraient mieux d’aller s’occuper de leur culte. En effet, étendant la main sur ses disciples, Jesus dit : Voici ma mère et mes frères. Car, quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma soeur, et ma mère. (Mt 12, 49-50).

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Je suis catholique donc pour le droit à l’I.V.G.

J’ai publié ce texte en 2014 et l’avais dédié aux femmes d’Espagne et à toutes celles qui n’ont pas encore le droit à l’I.V.G. Les élucubrations de l’église catholique polonaise et de ses suiveurs politiques m’obligent à insister : non seulement le droit à l’I.V.G. est indispensable, mais tout catholique devrait le soutenir. Il est partie intégrante de l’anthropologie chrétienne. Et quant à ceux qui pensent encore qu’un œuf fécondé est un enfant, ils mériteraient de se faire assiéger de demandes de messes et de funérailles par toutes celles qui connaissent le douloureux désagrément de la fausse-couche.

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Je suis catholique donc pour le droit à l’I.V.G. Le droit à l’I.V.G. épargne les vies sacrifiées, les naissances non désirées, les éducations inexistantes qui mènent aux destins criminels chez les plus défavorisés, dont les mères n’ont pas pu accéder à l’avortement, même clandestin. Et si le droit à l’I.V.G. était reconnu, soutenu et rendu possible partout, 70 millions de femmes sur la Terre ne mourraient pas chaque année sous les sales pattes de maladroites faiseuses d’ange. Le droit à l’I.V.G. reconnait aux femmes la maîtrise de leur corps, de leur vie, de leurs choix. Ne pas leur accorder, c’est les laisser sous le joug de la nature, du patriarcat et d’une citoyenneté de seconde zone. C’est considérer les femmes comme les couveuses des enfants des mâles, comme des coquilles d’œufs qu’on n’hésitera pas à briser, physiquement ou psychiquement, pour favoriser des naissances en nombre. Mais tous ces arguments ne sont que raison démocratique et humaniste, que seuls machistes, réactionnaires et autres profiteurs d’une société strictement hiérarchisée contredisent, sous le prétexte fallacieux de la défense d’un embryon qui n’est pas une personne, mais seulement la potentialité d’une vie, pas toujours humaine.

Si je suis pour le droit à l’I.V.G., c’est parce que je suis catholique. La Bible nous apprend que pour Dieu lui-même, l’homme, la femme, doivent toujours avoir le choix. Dès la Genèse, il nous est donné la possibilité de suivre ou pas un ordre, fût-il divin. Adam et Eve ne sont pas des machines sous commande divine, ils prennent la liberté qu’on leur donne, quitte à en subir les conséquences. Parce qu’ils sont à l’image de Dieu, hommes et femmes sont avant tout libres de leurs choix vis-à-vis de Lui et des autres hommes. Comme il nous est dit que Dieu « forma l’homme de la poussière et souffla dans ses narines un souffle de vie » (Genèse 2, 7), ni l’homme, ni la femme ne peuvent être une simple terre inerte et contrainte qu’on laboure et qu’on sème, avec du sperme, des interdits ou des idées toutes faites. Le Souffle de Vie nous confère liberté.

Avec la liberté imprescriptible de l’homme face à Dieu, la tradition juive sera le dialogue conflictuel, mais ininterrompu, entre l’Eternel et sa créature désobéissante. Puis vint l’Annonciation (Luc 1, 26-38).

L’Ange Gabriel annonce à Marie, une femme élevée dans la tradition juive de la Loi divine qu’on suit ou qu’on enfreint, qu’elle enfantera le Fils de Dieu. Bien que ce soit Gabriel, la « voix puissante » de Dieu qui la lui apporte, cette nouvelle est en elle-même un scandale du point de vue de la Loi. L’Incarnation de Dieu en l’homme, de Jésus en Marie, abolit la séparation entre l’Eternel et Adam et Eve ; elle efface tout contentieux ancien entre Dieu et l’Homme, tout ce qu’on pourrait appeler péché originel. Dieu est en Marie-l’Humanité, et le Fils de l’Homme est Dieu. Ce que propose Gabriel à Marie, ce ne sont plus des interdits ou une Loi à respecter scrupuleusement (ou pas), c’est de faire partie de Dieu lui-même, en l’enfantant. Ce n’est pas recevoir les tables de la Loi comme Moïse, ce n’est pas se voir imposer l’heureux miracle de la naissance d’Isaac, comme Sarah, l’épouse nonagénaire d’Abraham, c’est prendre part à la divinité. Gabriel s’adresse à une femme-image de Dieu, qui va enfanter Dieu. Il ne l’oblige donc à rien. Elle interroge : « Comment se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ? » Il lui répond : « Rien n’est impossible à Dieu », mais attend son accord avant de partir. C’est la premiere femme qui peut choisir d’être enceinte ou pas : formidable rupture anthropologique. Et c’est le « Oui » de Marie, son choix libre qui permet l’Incarnation. Pas la seule décision divine.

L’histoire conjointe de Dieu et des hommes passe de l’interdit d’Eden à la Loi de Moïse puis à l’Incarnation, acceptée librement par Marie, à qui Dieu lui-même n’impose ni la grossesse, ni la Loi, ni la foi. Cette évolution éclaire une position véritablement catholique, – chrétienne et universaliste – sur le droit à l’I.V.G. Interdire l’IVG n’empêchera pas les avortements clandestins et des milliers de femmes continueront à en mourir. Une loi est nécessaire, en Pologne comme en France et sur toute la Terre pour assurer à toutes les femmes le droit à l’I.V.G. et la maîtrise de leurs corps, de leur vie, de leurs choix intimes. Ainsi, quand surviendra l’annonce d’une naissance, comme Marie le fit en disant oui à Gabriel alors qu’elle pouvait dire non, les femmes pourront s’accomplir, et accomplir la loi des Hommes et de Dieu par leur choix libre.

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Noël : fêtons l’insécurité !

Cette année, cadeau des terroristes : Noël en Israel et en Terre Sainte au coin de la rue. Avec, dans le rôle de Tsahal, Vigipirate, ses treillis et ses FAMAS. Et quatre plantons armés, jusque devant l’église de banlieue où cinq ou six centaines de croyants d’occasion viennent fêter la naissance du Christ. 

« Tout sera fait pour assurer la SÉCURITÉ des lieux de culte à Noël. » « Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour assurer votre SÉCURITÉ » « Ce que veulent les Français, c’est de la SE-CU-RI-TE. » Mais, en des temps incertains, la recherche de sécurité est le début de la fin de la liberté. On cherche un protecteur et l’on y perd sa citoyenneté. C’est comme ça que se sont installés les féodaux, au début du Moyen Âge, sur les ruines embrigandées de l’Empire Romain. Les féodaux : à l’origine, pas de nobles guerriers, ou de preux chevaliers, mais des gens d’armes, des soldats en rupture de ban, des truands plus organisés que les autres, des criminels armés, des mafieux, des gens capables, face à un peuple apeuré, de « faire une proposition qu’on ne peut pas refuser ».

Avant de céder à la tentation de préférer la sécurité à la liberté, peut-être faudrait-il reconsidérer cette histoire bizarre de Dieu qui naît môme, et qu’on se raconte fissa comme apéritif spirituel léger d’avant foie gras. Au commencement étaient les peurs et les désirs. Et l’homme s’inventa un dieu ou une déesse pour chacune et chacun. Cela fit du monde, plus qu’il n’en faut pour remplir un gratte-ciel. On mît donc cette foule dans les nuées. Les Hébreux simplifièrent : un Dieu unique, couteau suisse de la spiritualité. Tout-puissant, sauf avec les hommes. Plus facile à gérer, à ranger dans une Arche, dans un Temple, dans un livre, dans un tiroir. Plus facile à oublier aussi. Problème. Tout seul, il ne semble pas pouvoir, bien qu’il affirme le contraire, être partout à la fois. Et conséquemment, gros sentiment d’abandon périodique parmi le Peuple élu. Les Juifs, et pas seulement Woody Allen, deviennent des professionnels de l’angoisse existentielle. 

Les Chrétiens fêtent la naissance de Dieu fait homme à Noël. Dieu-homme qui mourra, puis ressuscitera à Pâques. Rassurant, ce programme ? C’est ce que toute religion chrétienne organisée voudrait nous faire croire, à condition d’accepter un bon gros magistère protecteur. Mais non. À Noël, nous accueillons un dieu enfant, une foi fragile. Il faut nourrir, langer, cajoler, bercer, éduquer son Sauveur. Paradoxe. Mais liberté de la foi. Liberté difficile, incertaine, sujette au doute. À Noël, nous acceptons, nous favorisons une insécurité spirituelle fondamentale. Nous réduisons Dieu à moins d’un, à pas grand chose, compte tenu du peu de valeur qu’on accordait à l’enfant à l’époque de Jésus. Ce que nous appelons Seigneur, c’est une toute petite vie fragile, menacée par la redoutable mortalité infantile d’il y a deux mille ans. Mais nous pensons avoir le courage de nous occuper de ce chiard pour en faire que chose de digne de l’humanité. Nous assumons la divine insécurité  du Christ. Être chrétien, c’est vivre dans l’insécurité permanente de la mort de Dieu. C’est accepter ce risque. Et même le sublimer, jusqu’à ne plus vraiment craindre notre propre mort. Et nous aurions peur de quelques terroristes qui font finalement moins de victimes que notre tabac, notre alcool ou nos accidents de la route ? À Noël, retrouvons le goût puissant de l’insécurité : c’est celui de la liberté.

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Quoi de neuf à la Toussaint ? (1er novembre)

En cette Toussaint, Jean, par son Apocalypse (Ap 7, 2-14), nous procure la satiété du spectacle divin, histoire de nous en montrer les ressorts, puis Jésus, (Mt 5, 1-12a) nous sort enfin de la Moïse.

Ouf, la terre ne sera pas dévastée, avant que tous les fils d’Israel ne soient marqués au front du sceau divin. Mais tous les autres, la foule immense des goyim, on ne semble pas les marquer. Si bien qu’on peut se demander si les cent quarante quatre mille sont vraiment marqués au front ou bien juste un plus bas, aïe. Quant à cette foule de toutes nations, races, peuples et langues, ils sont les palmes à la main, comme ceux qui entouraient Jésus sur son ânon lors de sa montée à Jérusalem. Mais on ne parle ici que de l’ânon, non, pardon, que du trône. Même si le texte dit qu’ils sont tous là pour adorer Dieu, on ne cite que le trône et c’est à se demander s’il y a bien quelqu’un dessus. Néanmoins, n’oublions pas qu’il suffit que quelques uns soient réunis en son nom pour que le Christ soit présent au milieu d’eux, trône ou pas. Et tout ce peuple vient de la « grande épreuve », ils ont purifié, « lavé leurs vêtements dans le sang de l’Agneau ». Et leurs vêtements sont blancs ! Ce sang qui ne tâche pas, ne serait-ce pas tout simplement l’eau du baptême, et la « grande épreuve », ce pourrait-il être autre chose que la conversion, la révélation personnelle qui te fait avancer dans cette direction bizarre, vers ce divin furtif, fragile comme un bébé qui vient de naitre, faible comme un homme du peuple, seul contre les puissants, mais fort de tous ceux qui l’entourent et le chérissent ?

Ce même homme, faible mais actif, seulement fort de son message, se fait son Sinaï d’une montagne à portée de pieds. Il y monte et y déclame dix commandements. Oui, dix, vous pouvez recompter. Mais au lieu d’imposer des règles, il propose des chemins de vie, des états d’esprits.

1°) Là ou Moïse proclame le seul dieu à adorer, Jésus célèbre les pauvres de coeur, les humbles.

2°) Plutôt que de faire respecter le Saint Nom de Dieu, loin du blasphème et du faux serment, il offre la Terre Promise aux doux.

3°) Pour lui, une émotion, spirituelle ou pas, des pleurs à consoler, valent toutes les célébrations de tous les jours du Seigneur.

4°) Jésus honore ceux qui ont faim et soif de justice, plutôt que père, mère ou supérieur.

5°) Pour le Christ, la miséricorde, les vraies tripes du pardon, les entrailles maternelles de Dieu et des hommes pour leur prochain qui faute, sont plus fortes qu’un commandement qui interdit, c’est bien le moins, meurtre et scandale.

6°) Jésus aime les coeurs purs, les francs, les simples et sans fausseté : ils ne s’agit pas seulement de ne pas commettre l’adultère, tromperie bas de gamme et vaudevillesque.

7°) C’est la paix qu’on nous demande de construire, lentement, artisanalement, avec soin, pas le respect sans vol de la propriété privée, qui, elle, peut provoquer la guerre.

8°) Au lieu de moraliser sur la médisance et le mensonge, le Christ nous propose de devenir des héros de la justice, héros qui peut-être mentiront et souffriront pour sa cause.

9°) Et plutôt que se contenter de ne pas faire de faux témoignage, ou de rester purs entièrement en pensées et désirs, Jésus propose de garder courage dans nos luttes.

10°) Enfin, le Messie ne nous interdit pas de convoiter bien ou femme du voisin, mais nous conseille de nous réjouir.

Et comme toujours chez Jésus, un commandement résume tous les autres. Ici c’est un mot : « heureux », dix fois cité. Heureux, soyons heureux, heureux d’agir et d’avancer malgré les épreuves de la vie et les persécutions des méchants. Heureux ici, tout de suite, de la terre sous nos pieds, de la vie à mener, de la lutte qui nous sied.

Tous mes voeux de bonheur combatif. Bonne fête à tous, bande de saints !

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Quoi de neuf Dimanche ? (4 octobre 2015, 27ème dimanche B)

Ce dimanche, cataclysmes théologiques. Tout d’abord, la Genèse (Gn 2, 18-24) est contaminée par le djendeure et n’essentialise pas la femme, de même nature que l’homme. Qu’allons nous faire de nos sweat-shirts roses ou bleus ? Ensuite, Paul (He 2, 9-11) frise l’hérésie en parlant de l’imperfection du Christ, à corriger par des souffrances. Ne serait-ce pas le christianisme qui, parfois, souffre de Paul ? Enfin, le Christ lui-même, proclame l’égalité hommes-femmes, honnit la répudiation, mais n’interdit pas formellement le divorce par consentement mutuel. Et dire que pour beaucoup, il a fallu deux mille ans et deux synodes sur la famille pour ne pas trouver tout cela.

Selon le chapitre 2 de la Genèse, Ève est issue d’un os d’Adam, façonné par Dieu. Adam et Ève sont de même nature et de même origine : « voilà l’os de mes os et la chair de ma chair ! » Même la chair d’Eve est comme celle d’Adam. Dieu cherchait une aide pour Adam, mais aucun animal ne semblait faire l’affaire. Pourtant, contraint ou forcé, l’animal aide l’homme. L’aide souhaitée par Adam est d’une autre nature. Et cette aide, ce soutien, est réciproque, mutuel. D’abord parce que le nom donné à Ève, « os de mes os », « chair de ma chair » veut dire autre moi-même, frère, sœur ; ensuite parce que « tous deux ne feront plus qu’un ». Il n’y a là, dès ce texte ancien, aucune subordination de la femme à l’homme. S’il y en avait, la femme serait un animal et l’homme un zoophile. Cette égalité est gage d’indépendance : c’est parce qu’Eve est un autre Adam que l’homme quitte son père et sa mère et toute la troupe de ses aïeux. Il est un et unifié et n’a plus besoin du soutien et de la contrainte de la tribu pour exister. Ici la femme, extraite de l’homme, est aussi son intériorité, son esprit libre, avec lequel chaque être humain, homme ou femme, doit trouver sa cohérence, son équilibre et sa paix.
Paul a une curieuse façon de nous déclarer frères du Christ. Il commence par rabaisser le Christ en dessous des anges pour le relever par ses souffrances humaines. Ce serait par le triste sort vécu dans notre pauvre condition que Jésus atteindrait la « perfection ». De plus, c’est ainsi que Lui et nous trouveraient « même origine ». Le sempiternel sado-masochisme paulinien est bien sûr la porte ouverte à toutes les névroses destructives : il faudrait souffrir comme le Christ pour être chrétien. Mais elle peut ici être lue, assez curieusement, dans l’autre sens : il faudrait souffrir comme un homme pour être Dieu. Et de frères du Christ, nous atteindrions un statut divin. Mais pas tous seuls, évidemment. Seulement dans le Christ et lui en nous. Un peu comme un homme et une femme qui ne feraient plus qu’un, comme si, sortis du flanc du Christ tels des Ève nouvelles, nous formions avec Lui un nouvel Adam.

Le Christ renvoie à la racine des Écritures, les Pharisiens qui répudient leur femme. Il cite la Genèse mais fait un raccourci en mêlant Genèse 1 : « Dieu les fit homme et femme » et Genèse 2 : « À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair ». Ève n’a plus à provenir d’une côte d’Adam, Ève survient en même temps qu’Adam dans la Création. Ce n’est plus seulement la semblable nature masculine ou féminine qui est proclamée, c’est l’égalité totale. En affirmant cela, il renforce le paradoxe : Dieu les fit deux, Ish et Ishsha, pour qu’ils ne soient qu’un. Alors quand il dit : « Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! », on se demande ce qu’ont vraiment fait, Dieu d’une part, et l’homme d’autre part. Ce que Dieu a fait, c’est les faire deux, égaux, pour qu’ils se fassent un, en toute liberté. Si « Dieu a uni », il a en fait unifié, pour que l’union humaine puisse se faire dans l’égalité, sans différence, sans hiérarchie, sans assignation à des rôles genrés. L’injonction « que l’homme ne le sépare pas » interdit en fait de faire des distinctions, de distribuer une place et un rang différents à l’homme et à la femme, dans le couple, dans la société, et donc dans l’Eglise. Donc, ce que Dieu a unifié, que l’homme ne le distingue pas. La fin de l’Evangile de ce dimanche confirme ce message du Christ. En effet, il traite pareillement d' »adultère » le mari qui répudie son épouse et l’épouse qui répudie son mari. Son propos n’est pas l’interdiction du divorce, mais celle de la répudiation. Il n’interdit pas formellement à un couple de se séparer par consentement mutuel. La Loi de Moïse, elle, permet la répudiation, et ne la permet qu’aux hommes. Jésus va donc jusqu’au bout de l’égalité hommes-femmes.  De même, il accueille les enfants sans distinction de sexe : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent ». Quel intérêt  de distinguer les sexes, les genres, les orientations sexuelles, les critères d’âge et d’ancienneté pour le Royaume ? Pour le Royaume, donc pour la Terre où le Christ s’incarne.
« Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. » Il serait temps de traiter tous les enfants de Dieu sur un pied d’égalité.

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