Archives de Catégorie: Calendrier de l’Avent

Calendrier de l’Avent, 24ème fenêtre : une assiette qui ait de l’assiette

Le dernier petit cadeau avant Noël, sous la vingt-quatrième fenêtre de notre Calendrier de l’Avent, c’est une assiette. Oh quelque chose de simple, une faïence grossière, de la terre cuite un peu lourde, de la même matière pauvre que l’écuelle dont Diogène finit par se débarrasser. Rien à voir avec la porcelaine fine que les plus aisés d’entre vous vont dresser pour le réveillon. Et cette assiette est vide. Pour le moment.

La Tradition nous montre, dans les récits et les vitraux, Jésus enfant dans une mangeoire, réchauffé par les souffles conjoints du bœuf et de l’âne. Doit on vraiment confondre mangeoire et couveuse ? Non, c’est bien une mangeoire, là où l’on verse le fourrage pour les bêtes. Et le Christ est là. Le bœuf pieux, respectueux, comme l’âne impur, irrégulier, vont le bouffer. Ensemble, sans ruer ni se donner des coups de corne. Ainsi, ça pourrait être Noël à la messe tous les jours, ou au moins tous les dimanches. Cela s’appelle la Communion, et même l’Eucharistie, si on aime les grands mots grecs.

Le problème, c’est qu’au fil des années, le boeuf n’a plus senti ses cornes, et se les est laissé pousser jusqu’à ce que l’âne se soit senti si gêné à la tête, qu’il est parti déployer ses grandes oreilles ailleurs. Depuis, l’âne gambade de par le monde, pas si mécontent, allant jusqu’à faire éloge de la fuite. Quant au bœuf, il a fait de certaine Église son pré carré, d’où il peut à loisir fulminer du naseau au moindre désordre et partager entre bêtes sélectionnées, entre clones identifiés, en toute inculturation artificielle, une bien fade Boeufcharistie.

L’assiette de ce soir est collective, elle est à partager à plusieurs. Et pour y mettre des choses solides, du nourrissant, il faut que cette assiette ait une bonne assiette, de bonnes bases, des fondations. Une catéchèse biblique peut-être ?

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Calendrier de l’Avent, 23ème fenêtre : un plan

Ce Calendrier de l’Avent arrive sur sa fin, c’est donc bientôt que tout va commencer. Pour cette chasse au trésor, éternelle et sainte, sous la vingt-troisième fenêtre, un plan. Un plan de l’Eglise : son archéologie, ses ruines et son avenir. Ne croyez pas qu’il est clair. C’est plutôt une feuille blanche, un crayon et une grosse gomme. Et c’est à vous de tracer les lignes. Hum, je vois votre air dubitatif. Hé, vous êtes inspirés par l’Esprit ou aspirés par l’ennui ?

Quel sera donc le plan de l’Eglise de demain ? Un rez-de-chaussée accueillant, pas de hauteur, un toit pour tous, de grandes fenêtres ouvertes sur le monde, et pas mal de courants d’air chauds. Un lieu qui promeut une bonne vie sur Terre pour mieux découvrir celle des cieux. Mais un lieu qui bouge comme des gens qui discutent, disputent, blasphèment, s’amusent sur un chemin, et qui se reconnaissent quand ils partagent le pain et le reste. Un lieu, une pensée, des actes où la foi, la religion, n’est pas une identité, mais simplement une joie, un moteur, une espérance qui laissent les gens vivre, surtout après leur naissance.

Ce plan ne va pas être facile à dessiner. Autant commencer maintenant.

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Calendrier de l’Avent, 22ème fenêtre : un manuel d’obéissance

Deux jours avant Noël, on cherche en vain les derniers cadeaux à faire à ceux à qui on ne sait quoi offrir. Ce sera certainement un livre qu’on ira picorer au hasard des tables où s’étalent les ouvrages à la mode. Mais sous la vingt-deuxième fenêtre, il y a déjà un livre. Sur la couverture, un titre bizarre, « Manuel d’obéissance ». Bigre, pourvu que cela puisse être mis entre toutes les mains. On pourrait subodorer le bouquin sado-maso, le dialogue maître-esclave, dominatrice-soumis, avec accessoires cuir et lanières qui claquent. Très peu pour moi, j’ai la peau fragile, et le reste aussi.

L’obéissance, ce n’est pas le respect des ordres ou d’un dogme. C’est l’écoute des messages et des signes, ce n’est pas prendre tout au premier degré. Dans cette obéissance, on peut lire la Parole sans voir sa raison se cabrer et même une encyclique sans s’offusquer de son étroitesse de vue. Cette obéissance est attention, interprétation, empathie critique, chemin de réflexion et de prière. Il y a dans les Mille et Une Nuits une expression leitmotiv, une formule de politesse qui exprime bien cette obéissance intelligente et autonome : « Oreille attentive et bon vouloir »

Le manuel d’obéissance d’aujourd’hui, c’est tout simplement l’Evangile, avec le Christ qui subvertit les anciennes règles, dérange les conservatismes et accomplit l’Ecriture. C’est surtout une manière de lire et de vivre, en restant libre.

Obéir, c’est seulement écouter. Écouter la rumeur du monde et les clameurs du Ciel, et chercher à les faire se rejoindre.

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Calendrier de l’Avent, 21ème fenêtre : un ex-voto en kit

Les catholiques ne pratiquent plus guère l’ex-voto, ce petit objet, plaque ou bas-relief, édité « ex-voto », « suite à un vœu » exaucé, et commémorant la joie d’avoir obtenu du Seigneur la réalisation de ses espérances. Aujourd’hui, sous la vingt-et-unième fenêtre de notre Calendrier de l’Avent, vous trouverez de quoi construire un ex-voto en kit. Ainsi, dès que vos vœux pour une Église nouvelle et un catholicisme enfin universel et ouvert se concrétiseront, vous n’aurez plus qu’à fixer le tout sur le mur d’église le plus proche.

Le texte et la forme de l’ex-voto sont libres, à vous de les écrire. On pourra donc voir les messages suivants : » Merci pour les divorcés-remariés acceptés à la communion ! « , » Merci pour la nouvelle morale sexuelle de l’Eglise « , » Merci pour la bénédiction du mariage de mon frère avec son fiancé « , » Merci pour la transparence financière de l’Eglise « , » Merci pour l’élection de la Papesse Jeanne II « , etc

Une idée. Dans le cœur de Dieu, le temps ne compte plus et le futur est proche de toute éternité. Si nous commencions, dans l’Espérance, à accrocher de tels ex-voto, avec des dates proches, dans toutes les églises que nous fréquentons ?

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Calendrier de l’Avent, 20ème fenêtre : une pierre

Sous la vingtième fenêtre de notre Calendrier de l’Avent, une pierre, un caillou, un boulet minéral.

Sur cette pierre, on construit l’Eglise, paraît-il. Enfin, c’est ce que le Christ a demandé. L’a t-il obtenu ? Pas encore. Les pierres sur lesquelles on devait construire l’Eglise ne semblent pas aimer jouer les fondations solides et muettes, discrètes dans le soutènement. Depuis 2000 ans, elles préfèrent parler, ergoter, gloser, juger. Elles discutaient jadis le sexe des anges, elles déclarent que maintenant, le genre les dérange. Elles pépient sur tous les sujets, surtout ceux qu’elles maîtrisent mal ou qu’elles ne vivent pas assez. Ces pierres fusent au lieu de fonder, elles servent moins à la construction qu’à la lapidation.

Une pierre sur laquelle on pourrait construire l’Eglise doit simplement cultiver une solidité discrète. Et c’est grâce à leur soutien muet que les frères et sœurs du Christ peuvent eux proclamer leur foi. Mais pour cela, les pierres servantes du Seigneur, ministres au vrai sens du terme, doivent savoir s’abaisser jusque sous les pieds des croyants, au risque de n’être que dalle. Avec ces fondations et parterres, l’Eglise pourra tenir debout sur ses pieds, lever les yeux et voir briller une autre pierre, celle rejetée par les bâtisseurs, puis devenu pierre d’angle, clé de voûte du Ciel, l’empêchant pour toujours de nous tomber sur la tête.

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Calendrier de l’Avent, 19ème fenêtre : quelques histoires …

Sous la dix-neuvième fenêtre, seulement quelques histoires bizarres, celles qu’on trouve dans la Bible et dans l’Evangile : des contes à dormir debout, des incongruités où l’on sauve hommes et animaux d’un Déluge, où la mer se fend en deux, où des cochons se jettent d’une falaise.

Cinquante histoires issues des Écritures, racontées depuis l’enfance, moquées à l’adolescence, voilà la seule catéchèse valable, un simple emmental culturel dans les trous duquel pourrait souffler l’Esprit. Et surtout, pas de morale, ou bien seulement en association avec un véritable enseignement – laïque – de la philosophie dès l’âge de huit ans. Raconter, encore et toujours l’histoire de Dieu et l’histoire de son peuple, sans préjugés, sans y plaquer bonne parole, interprétation officielle ou ligne du parti. Semer les histoires, les faire retenir, faire s’entrechoquer leurs correspondances et leurs contradictions, discuter des scandales et des aberrations, puis un jour y voir une lumière dans la nuit.

On ne doit pas raconter ces histoires qu’aux enfants. Les grands ont besoin aussi de les entendre et de les dire. Car il ne s’agit ici de lire pour soi ou pour les autres. Il faut savoir dire devant tous, avec ses mots et ceux de Dieu, un récit qui s’incarne dans la gorge et dans le coeur.

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Calendrier de l’Avent, 18ème fenêtre : un regard horizontal

Cela fait plus de deux mille ans que Dieu s’est incarné en un nouveau-né, jusqu’à en chier dans ses langes comme tout un chacun, mais beaucoup voient encore la vie, la religion, la terre et le ciel comme une vaste et haute hiérarchie. Alors, derrière la dix-huitième fenêtre, vous trouverez ce soir un simple regard horizontal, le fin trait virtuel qui va d’une paire d’yeux à une autre, quand on se parle en vérité.

Jésus a ce regard d’homme à hauteur d’homme qui précède l’amour et procède de lui. Certains chrétiens, parfois même hauts dignitaires de l’Eglise, savent aussi échanger au même niveau de pupille que leurs interlocuteurs. Sans être un papolâtre patenté, on peut reconnaître à François cette qualité. Alors allons plus loin : faisons de cette attitude le mode de fonctionnement de notre Église. Travaillons et prions ensemble de pair à pair, sans souci d’allégeance, d’obligeance ou de hiérarchie. Et que n’importe quel épiscope chenu, n’importe quel cardinal cramoisi puisse dire au premier pèlerin venu, au moindre arpenteur du Ciel : « Luc, je suis ton pair ».

Cette vision horizontale des regards et des rapports entre les hommes peut aussi nous éclairer sur notre vision de Dieu le Père. Majeurs dans la foi et non plus infantilisés dans une idolâtrie favorisée par une Église hiérarchique, patriarcale et surplombante, nous pourrions avoir avec l’Eternel la même qualité de dialogue d’adulte à adulte que nous avons parfois avec nos parents, lorsqu’ils ont la sagesse de nous reconnaître enfin leurs égaux.

Alors nous pourrions dire, les yeux dans les yeux, les yeux dans les cieux, les cieux dans les yeux, un simple « Notre Pair »…

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