Quoi de neuf Dimanche (11 juin 2017, La Sainte Trinité A)

À partir de ce dimanche, l’Eglise liturgique essaye de mettre un couvercle sur la marmite de Pâques, qui bouillonne en Ascension et déborde en Pentecôte. Alors, avant de retomber sur des dimanches dits « ordinaires », on va fêter la Trinité, le Saint Sacrement et nos Saints Pierre et Paul.

La Trinité est une construction théologique, un produit de synthèse fait à partir des textes, mais ceux-ci ne la citent pas en tant que telle. On va donc éviter de trop spéculer sur ce support : après tout, c’est un produit dérivé. Sa notice d’information a la clarté d’une motion de clôture de congrès d’un parti de gouvernement qui se voudrait de gauche.

Concentrez vous, prenez bien votre respiration. C’est bon ? On y va : la Trinité, c’est le Dieu unique en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, égaux, de même essence, mais distincts. Vous pouvez souffler. Certes, la Trinité, c’est compliqué, mais il faut la voir comme un rempart contre la crédulité : si vous croyez déjà au Père, au Fils et au Saint Esprit, c’est déjà beaucoup. Vous n’allez donc pas, en plus, croire aux promesses politiques et à celles de la publicité. Non, une fois la Trinité crue, pour le reste, vous finirez par être rationnels.

Moïse (Ex 34, 4-9), après l’épisode du veau d’or (Ex 32), nous donne enfin une définition d’un Dieu-Père et bon père : « tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité ». Des qualités que bien des stéréotypistes de genre appliqueraient seulement aux femmes et aux mères. Et une définition que tous les pères pouraient tenter de s’appliquer, plutôt que d’essayer de jouer les dieux. En fait, comme Paul le dit en conclusion de sa seconde lettre aux Corinthiens (2 Co 13, 11-13), ce Dieu, loin d’être un mâle tout-puissant, furieux et violent, n’est qu’amour : « Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit Saint soient avec vous tous ». Belle salutation trinitaire, qu’on entend, qu’on étreint, à chaque messe, au début.

L’Eternel, dans la Trinité, ne peut être qu’Amour. Et l’amour, celui auquel on croit, ne peut être qu’éternel. Et c’est pour cela qu’il est intimement lié au Christ ressuscité, « le Fils », « la Grâce », donné au monde aimé de Dieu. Et ce « Fils », « né avant tous les siècles » est l’égal du Père. Le patriarcat, comme le matriarcat, d’ailleurs, est donc fondamentalement anti-chrétien. Dites le fort, certains ne sont pas encore au courant. Peut-être par manque d’esprit, voire d’Esprit Saint. Car l’amour éternel qui donne chair au Verbe, à la Parole de Dieu, ne suffirait pas à nous faire prendre part à la Création ; nous resterions à l’extérieur du plan, dans une foi reçue et apprise, acquise comme un chromosome des générations précédentes. C’est l’Esprit Saint, ce pourfendeur de la tradition religieuse et de la filiation naturelle, qui fait se lever les prophètes, qui donne Jésus à Marie et recrute Joseph comme père putatif du Christ, c’est l’Esprit Saint qui nous donne le souffle de vie et de foi, qui nous fait prendre la Parole, qui nous fait respirer l’air de la Trinité, Père, Fils et Esprit, qui nous permet d’en vivre, et d’accéder à la vie éternelle, par l’amour-père, la chair-fils et la vie-esprit. Et c’est pour cela que la foi en Christ nous fait découvrir qu’il n’y a pas de Faute ou de Jugement, seulement la possibilité d’être sauvé du simple destin biologique ou social, sauvé du mal de la banalité (Jn 3,16-18).

La Trinité reste un « Mystère », donc une vérité de la foi pas vraiment accessible à la raison humaine. En attendant de la comprendre, contentons nous d’essayer de la vivre, de l’intérieur : soyons aimants et attentifs, comme un père, une mère, un parent, « tendre », « fidèle », à la patience habile, restons de chair, vivants, incarnés, impliqués comme le Christ dans la vie du monde, humons les idées, respirons l’Esprit, soufflons les mots et les bénédictions, animons la Terre et l’humanité de voix libres.

Poster un commentaire

Classé dans Quoi de neuf Dimanche ?

Quoi ne neuf Dimanche ? (4 juin 2017, Pentecôte A)

Ce dimanche, c’est Pentecôte, et avant de faire parler dans toutes les langues, le Ciel fait du vent dans la maison (Ac 2, 1-11) : « Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. » Avant de voir « apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d’eux », les disciples font d’abord l’expérience du bruit et de la tempête dans leur maison et peut-être dans leurs crânes. Avant de parler à chacun en son langage, il faut savoir faire entrer un peu d’air, aérer la maison, chasser l’odeur de renfermé, ouvrir les fenêtres. C’est ce que fit Jean XXIII : ouvrir les fenêtres de son bureau, pour expliquer à ses hôtes la démarche du Concile Vatican II. Personne ne les a refermées, j’espère ?

La Pentecôte fut fête des moissons, puis de l’Alliance au Sinaï. Ouvrir les fenêtres, faire entrer le soleil, pour battre le grain et les tapis de conservatisme coincés sous les tables de la Loi, voilà un bon nettoyage de printemps. Des tables de la Loi, on ne voit plus que la pierre et la poussière qui la recouvre. Quant à nos têtes, tout aussi dures et encrassées, un décapage à la langue de feu leur fera le plus grand bien. Sinon, que faire de ces lois de pierre et de nos têtes de poussière ? Des tours de Babel ?

La Pentecôte ne consiste pas seulement à savoir parler aux autres en leurs langues. C’est d’abord s’aérer la tête au vent de l’Esprit et s’échauffer les idées à la langue de feu de la Parole. À plusieurs. C’est pour cela que Paul nous décrit comme le Corps du Christ, malgré nos différences. L’esprit fait dire le Christ, formé de tous ensemble (1 Co 12, 3b-7.12-13). L’Esprit nous fait dire nous. Et Lui en nous. « Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous. » Plus de differences, de déférences, d’ordre, de hiérarchies, de maîtres, d’esclaves.

Nous sommes un, nous sommes le corps glorieux du Christ, celui qui comme le vent passe à travers les murs et les portes fermées de la maison-monde, mais qui porte physiquement et assume toutes nos blessures, nos mains et nos flancs transpercés par les mauvais coups de la vie (Jn 20,19-23). Nous ne sommes plus poussière accumulée par les ans ou simples dalles de pierre qui disent la Loi ou la morale : le Christ nous insufle l’Esprit comme l’Eternel la vie dans la Genèse (Gn 2, 7). Nous passons du minéral à l’animé. Et tout devient permis dans l’Esprit : « Tout m’est permis, mais tout n’est pas utile; tout m’est permis, mais je ne me laisserai asservir par quoi que ce soit. » (1 Co 6, 12) Et c’est ainsi que n’importe quel-le disciple, rempli-e de l’Esprit Saint peut remettre ou pas les péchés. (Jn 20, 23) Certains, habitués a exercer un pouvoir spirituel, comme cela se fait dans les religions non chrétiennes, risquent de ne pas être d’accord. Mais nous avons respiré le vent de l’Esprit. A nous de souffler fort.

Poster un commentaire

Classé dans Quoi de neuf Dimanche ?

Quoi de neuf Dimanche (28 mai 2017, 7ème dimanche de Pâques A)

Ce dimanche, « les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel » (Ac 1, 12-14), s’en vont prier et dîner avec tous dans la « chambre haute », la pièce de la Cène. Premier repas à la fois sans et avec le Christ. C’est là que s’accomplissent, chaque dimanche, sur la table commune, avec le pain, avec le vin, l’Ascension puis l’Incarnation du Corps et du Sang du Christ. Suivez donc du regard ces mouvements sur l’autel, plutôt que vous abîmer en prosternations comme le païen moyen.

Communier avec le Christ, c’est aussi être avec lui quand il souffre (1 P 4, 13-16). Mais ce n’est pas chercher ou supporter la souffrance, c’est en être conscient et la combattre. Car le Christ souffrant avant sa résurrection, aujourd’hui, ce sont les affamés, les mal-logés, les victimes de persécutions religieuses ou politiques, des trafics d’êtres humains, les civils dans les pays en guerre, etc. Il ne suffit pas de mener une vie droite pour suivre le Christ, il faut aussi faire marcher droit le monde.

C’est en agissant pour un monde moins noir, plus lumineux, que nous nous associons pleinement à la prière de Jésus passant de ce monde à son Père (Jn 17,1-11). La gloire qu’il demande, c’est la manifestation de Dieu aux hommes. Et ce n’est pas un spectacle ou une révélation passive. Non, Jésus l’affirme : « je trouve ma gloire en eux ». C’est donc nous la manifestation de Dieu sur Terre. Bon, évidemment, y a du boulot. On pourrait même dire : du pain sur la planche.

Poster un commentaire

Classé dans Quoi de neuf Dimanche ?

Quoi de neuf Jeudi ? (25 mai 2017, Ascension du Seigneur A)

Ce jeudi, Jésus ressuscité est élevé dans les cieux. Ça fait beaucoup pour un seul homme. Les Apôtres en restent à fixer le ciel où il s’en va, et « voici que deux hommes en vêtements blancs se tiennent devant eux et disent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? » (Ac 1, 1-11). Ces deux anges, genre visiteurs d’Abraham (Genèse 18,1-33) ne sont pas trois, comme si le Christ était celui qui manque, mais font à peu près la même promesse. Non pas la naissance d’Isaac, mais le retour du Christ. Ces deux compères prônent aux Apôtres un sérieux retour sur terre. C’est ici-bas qu’il faut agir. Non pas seulement pour assurer le cycle de la vie, mais pour accomplir toute la Résurrection. Jésus vainc la mort, mais pas pour continuer sa vie d’avant. Il monte jusqu’aux cieux pour remonter un jour d’entre nous. Il parcourt ainsi un très grand cercle, qui nous associe aux cieux tout en nous ancrant sur la terre des hommes. Et c’est l’Esprit qui va faire tourner la grande roue.

Résurrection et Ascension sont les manettes du grand manège qui nous élève, avec le Christ, au dessus des dominations humaines : « Il l’a établi au-dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous dominent, quel que soit leur nom, aussi bien dans le monde présent que dans le monde à venir. » (Ep 1, 17-23). Jésus dévalue tout pouvoir politique, économique, social, religieux, … humain. Seule compte la communion de tous avec Lui dans l’Eglise. Tout le reste, du pouvoir royal absolu aux micro-pouvoirs détectés par Michel Foucault, en passant par le pouvoir économique ou la hiérarchie institutionnelle du catholicisme, tout ceci n’est que vanité et vacuité.

Annoncer que la Résurrection et l’Ascension indissociables du Christ abolissent tout pouvoir, magnifique perspective, mais comment la mettre en œuvre ? C’est l’Evangile qui donne la marche à suivre : « Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. » (Mt 28,16-20). « Tous les commandements » : facile a lister, il n’y en a que deux : aimer Dieu et aimer ton prochain comme toi-même.

Eh bien, on va pouvoir, sur la grande roue de l’Esprit, se simplifier la vie, le catéchisme, la morale et l’Eglise. Ca va nous faire revivre et nous élever. Prêts pour un grand tour de manège ? Et de ménage ?

Poster un commentaire

Classé dans Quoi de neuf Dimanche ?

Quoi de neuf Dimanche (21 mai 2017, 6ème dimanche de Pâques A)

Ce dimanche, suite à la lapidation d’Etienne, ce qui reste des Sept, le service social de la première Église, s’égaye hors de Jérusalem. Et proclame. Et guérit. Et baptise. Philippe en Samarie (Ac 8, 5-17), ses compagnons ailleurs, ne s’arrêtent pas au soutien social qu’ils pratiquaient auprès des veuves grecques de Jérusalem. Ils annoncent le Christ. Ils prennent toutes leurs responsabilités de baptisés, donc de prophètes, de prêtres et de rois. En Samarie, il y a deux mille ans, comme aujourd’hui en ville ou au village, en l’absence de prêtres, ou en présence de prêtres absents au monde, agir en chrétien, ce n’est pas que porter un secours catholique ou populaire, contre la faim et pour le développement, c’est aussi oser annoncer, bénir et baptiser au nom du Christ. Sinon, qui le fera ?

Simplifiez vous la vie : agissez. Ou bien rendormez vous dans la lente agonie d’une Église qui attend d’avoir des prêtres à l’ancienne pour embrasser la modernité. Vous souffrez que l’Eglise aille mal ? « Il vaudrait mieux souffrir pour avoir fait le bien, si c’était la volonté de Dieu, plutôt que pour avoir fait le mal. » dit Pierre (1 P 3, 15-18). Et « avoir fait le mal », c’est souvent n’avoir rien fait, parfois en en souffrant. Vous êtes souvent très actifs, dans les mouvements sociaux ou éducatifs. Qu’est ce qui vous empêche de vous dépêtrer de la Jérusalem mentale qui vous maintient dans l’inaction spirituelle ? Philippe a évangélisé la Samarie, sans demander son avis à Pierre.

Faire le bien, au sens spirituel du terme, c’est l’autre nom de la bénédiction. Prenez l’initiative de bénir et de célébrer, surtout quand nos clercs peinent à le faire, restés à Jérusalem, comme Pierre et Jean, ne rejoignant Philippe que lorsque sa mission est accomplie. Bénissez les nouvelles unions des divorcés-remariés, les engagements des homosexuels dans la stabilité du mariage, le recours des couples à la contraception pour une sexualité et une parentalité responsables, le droit à l’I.V.G. pour garantir la liberté des femmes. N’ayez pas peur : le Christ lui-même vous a donné un « Défenseur qui sera pour toujours avec vous : c’est l’Esprit de vérité » (Jn 14,15-21). Être vrai avec soi-même, avec les autres et avec sa foi, ce n’est pas se retrouver coincé derrière dogmes et interdits, c’est simplement suivre les deux commandements du Christ : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes. » (Matthieu 22, 37-40) On ne peut pas rester écartelé entre l’Esprit de vérité qui résonne en nous et une morale surplombante qu’on voudrait plaquer sur nos vies et nos actes. Écouter, bénir et vivre dans l’Espérance, c’est vivre son baptême, même si ça ne plaît pas à tout le monde, car « Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c’est celui-là qui m’aime ».

Poster un commentaire

Classé dans Quoi de neuf Dimanche ?

Quoi de neuf Dimanche ? (14 mai 2017, 5ème dimanche de Pâques A)

Ce dimanche, Pierre nous initie aux mathématiques et à l’architecture chrétiennes. Tout d’abord (Ac 6, 1-7), s’il faut être Douze, chiffre de la plénitude et de l’universalité pour « la parole de Dieu », il faut être Sept, comme les sept jours de la Création « pour le service des repas ». La Parole est universaliste, mais le social, c’est bien l’achèvement du monde. Qu’on se le dise.

Les frères chargés de prendre soin des autres ne sont pas pour autant de simples serviteurs ou des logisticiens de l’humanitaire : on choisit « des hommes estimés de tous, remplis d’Esprit Saint et de sagesse ». Car tous les chrétiens ont le « sacerdoce royal » (1 P 2, 4-9) : chacun peut présenter « des offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter à cause du Christ Jésus ». Nous sommes ensemble capables de faire masse et de faire messe, de construire l’Eglise et le monde. Nous sommes là pour bâtir et nourrir, pas pour souffrir ou faire souffrir, par dogmatisme ou moralisme. Nous sommes des « pierres vivantes », pas des calculs rénaux.

Parce que le Christ, « la pierre d’angle » est scellée avec nous dans la foi, « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14,1-12) peuvent être en chacun de nous, et nos corps et nos âmes et nos œuvres mêlés accomplissent l’Ecriture et le monde. Nous pouvons être et vivre à la fois le Père, le Fils et le Saint Esprit, nous sommes ce signe de croix, ce signe de croire, que nous dessinons de notre tête-ciel jusqu’à notre terre-ventre, de l’orient de l’un de nos bras, jusqu’à l’occident de l’autre, en accompagnant la course de la Lumière de notre main agissante.

Poster un commentaire

Classé dans Quoi de neuf Dimanche ?

Quoi de neuf Dimanche ? (7 mai 2017, 4ème dimanche de Pâques A)

Ce dimanche, bonne nouvelle à rappeler. C’est Pierre qui le dit (Ac 2, 36-41), le baptême nous donne implicitement le don de l’Esprit. Nous pouvons donc prophétiser, prêcher et régner sur toutes choses de notre foi. Nous avons, chacun, tous et collectivement, le magistère en main. Et dire que certains croient que tout se décide dans quelque bureau romain. Qu’est ce qu’on attend pour ne plus être peureux ?

Attention, la lettre de Pierre (1 P 2, 20b-25) est un piège à sado-maso. Non, messieurs-dames, ce qui est une « grâce aux yeux de Dieu », ce n’est pas la souffrance , c’est supporter cette souffrance. Nuance. C’est ne pas répondre à la violence par la violence : « couvert d’insultes, il n’insultait pas ; accablé de souffrances, il ne menaçait pas ». C’est plutôt « mourir à nos péchés et vivre dans la justice ». Vivre dans la justice, ce n’est pas subir l’injustice en se taisant, ou en s’opposant à elle de façon stérile, ce qui, le plus souvent, la renforce. C’est faire ce qui est juste, d’abord en reconnaissant nos propres manquements, et c’est construire la justice qui doit advenir. De quoi à la fois engager le débat et le combat. Toute une théologie de la (dé)libération.

Dans l’Evangile (Jn 10,1-10), Jésus nous fait une parabole à double détente. Au moins. Tout d’abord, il prévient contre les escrocs et les flibustiers du spirituel, ceux qui « entrent dans la bergerie sans passer par la porte, mais qui escaladent par un autre endroit ». Les manipulateurs, les gourous, ceux qui ne respectent les droits spirituels de quiconque, qui capturent des disciples, plutôt que de cheminer avec eux. Les Pharisiens ne comprennent pas. Sans blague. Bien sûr, ils ne peuvent pas comprendre que tous ceux qui croient détenir la vérité, qui pensent guider, qui s’imaginent des ouailles, sont en fait des voleurs d’âmes et de liberté spirituelle. Alors Jésus sort le grand jeu, par la grande porte. Plus besoin de berger pour ces brebis, qui pourtant « connaissent sa voix ». Il suffit d’une porte, peut-être tachée du même sang d’agneau que celles des maisons des Hébreux en partance pour la Terre Promise. Cette porte est le Christ lui-même. Par son entremise, chaque brebis, sans guide, « sera sauvée, pourra aller et venir, et trouvera un pâturage ». Sans autre forme de prophète. Libre. La vie en abondance. Finis les temps spirituels de contingence, d’indigence et de Moïse.

Poster un commentaire

Classé dans Quoi de neuf Dimanche ?