Archives de Tag: avortement

Gloire à Simone Veil. Hommage catholique.

Gloire à Simone Veil. Non seulement le droit à l’I.V.G. est indispensable, mais tout catholique devrait le soutenir. Il est partie intégrante de l’anthropologie chrétienne. Et quant à ceux qui pensent encore qu’un œuf fécondé est un enfant, ils mériteraient de se faire assiéger de demandes de messes et de funérailles par toutes celles qui connaissent le douloureux désagrément de la fausse-couche.

Je suis catholique donc pour le droit à l’I.V.G.

Le droit à l’I.V.G. épargne les vies sacrifiées, les naissances non désirées, les éducations inexistantes qui mènent aux destins criminels chez les plus défavorisés, dont les mères n’ont pas pu accéder à l’avortement, même clandestin. Et si le droit à l’I.V.G. était reconnu, soutenu et rendu possible partout, 70 millions de femmes sur la Terre ne mourraient pas chaque année sous les pattes de maladroites faiseuses d’ange. Le droit à l’I.V.G. reconnait aux femmes la maîtrise de leur corps, de leur vie, de leurs choix. Ne pas leur accorder, c’est les laisser sous le joug de la nature, du patriarcat et d’une citoyenneté de seconde zone. C’est considérer les femmes comme les couveuses des enfants des mâles, comme des coquilles d’œufs qu’on n’hésitera pas à briser, physiquement ou psychiquement, pour favoriser des naissances en nombre. Mais tous ces arguments ne sont que raison démocratique et humaniste, que seuls machistes, réactionnaires et autres profiteurs d’une société strictement hiérarchisée contredisent, sous le prétexte fallacieux de la défense d’un embryon qui n’est pas une personne, mais seulement la potentialité d’une vie, pas toujours humaine.

Si je suis pour le droit à l’I.V.G., c’est parce que je suis catholique. La Bible nous apprend que pour Dieu lui-même, l’homme, la femme, doivent toujours avoir le choix. Dès la Genèse, il nous est donné la possibilité de suivre ou pas un ordre, fût-il divin. Adam et Eve ne sont pas des machines sous commande divine, ils prennent la liberté qu’on leur donne, quitte à en subir les conséquences. Parce qu’ils sont à l’image de Dieu, hommes et femmes sont avant tout libres de leurs choix vis-à-vis de Lui et des autres hommes. Comme il nous est dit que Dieu « forma l’homme de la poussière et souffla dans ses narines un souffle de vie » (Genèse 2, 7), ni l’homme, ni la femme ne peuvent être une simple terre inerte et contrainte qu’on laboure et qu’on sème, avec du sperme, des interdits ou des idées toutes faites. Le Souffle de Vie nous confère liberté.

Avec la liberté imprescriptible de l’homme face à Dieu, la tradition juive sera le dialogue conflictuel, mais ininterrompu, entre l’Eternel et sa créature désobéissante. Puis vint l’Annonciation (Luc 1, 26-38).

L’Ange Gabriel annonce à Marie, une femme élevée dans la tradition juive de la Loi divine qu’on suit ou qu’on enfreint, qu’elle enfantera le Fils de Dieu. Bien que ce soit Gabriel, la « voix puissante » de Dieu qui la lui apporte, cette nouvelle est en elle-même un scandale du point de vue de la Loi. L’Incarnation de Dieu en l’homme, de Jésus en Marie, abolit la séparation entre l’Eternel et Adam et Eve ; elle efface tout contentieux ancien entre Dieu et l’Homme, tout ce qu’on pourrait appeler péché originel. Dieu est en Marie-l’Humanité, et le Fils de l’Homme est Dieu. Ce que propose Gabriel à Marie, ce ne sont plus des interdits ou une Loi à respecter scrupuleusement (ou pas), c’est de faire partie de Dieu lui-même, en l’enfantant. Ce n’est pas recevoir les tables de la Loi comme Moïse, ce n’est pas se voir imposer l’heureux miracle de la naissance d’Isaac, comme Sarah, l’épouse nonagénaire d’Abraham, c’est prendre part à la divinité. Gabriel s’adresse à une femme-image de Dieu, qui va enfanter Dieu. Il ne l’oblige donc à rien. Elle interroge : « Comment se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ? » Il lui répond : « Rien n’est impossible à Dieu », mais attend son accord avant de partir. C’est la premiere femme qui peut choisir d’être enceinte ou pas : formidable rupture anthropologique. Et c’est le « Oui » de Marie, son choix libre qui permet l’Incarnation. Pas la seule décision divine.

L’histoire conjointe de Dieu et des hommes passe de l’interdit d’Eden à la Loi de Moïse puis à l’Incarnation, acceptée librement par Marie, à qui Dieu lui-même n’impose ni la grossesse, ni la Loi, ni la foi. Cette évolution éclaire une position véritablement catholique, – chrétienne et universaliste – sur le droit à l’I.V.G. Interdire l’IVG n’empêchera pas les avortements clandestins et des milliers de femmes continueront à en mourir. Une loi est nécessaire, en Pologne comme en France et sur toute la Terre pour assurer à toutes les femmes le droit à l’I.V.G. et la maîtrise de leurs corps, de leur vie, de leurs choix intimes. Ainsi, quand surviendra l’annonce d’une naissance, comme Marie le fit en disant oui à Gabriel alors qu’elle pouvait dire non, les femmes pourront s’accomplir, et accomplir la loi des Hommes et de Dieu par leur choix libre.

Publicités

7 Commentaires

Classé dans Au fil du blog ...

Gloire à Simone Veil. Hommage catholique.

Gloire à Simone Veil. Non seulement le droit à l’I.V.G. est indispensable, mais tout catholique devrait le soutenir. Il est partie intégrante de l’anthropologie chrétienne. Et quant à ceux qui pensent encore qu’un œuf fécondé est un enfant, ils mériteraient de se faire assiéger de demandes de messes et de funérailles par toutes celles qui connaissent le douloureux désagrément de la fausse-couche.

Je suis catholique donc pour le droit à l’I.V.G.

Le droit à l’I.V.G. épargne les vies sacrifiées, les naissances non désirées, les éducations inexistantes qui mènent aux destins criminels chez les plus défavorisés, dont les mères n’ont pas pu accéder à l’avortement, même clandestin. Et si le droit à l’I.V.G. était reconnu, soutenu et rendu possible partout, 70 millions de femmes sur la Terre ne mourraient pas chaque année sous les pattes de maladroites faiseuses d’ange. Le droit à l’I.V.G. reconnait aux femmes la maîtrise de leur corps, de leur vie, de leurs choix. Ne pas leur accorder, c’est les laisser sous le joug de la nature, du patriarcat et d’une citoyenneté de seconde zone. C’est considérer les femmes comme les couveuses des enfants des mâles, comme des coquilles d’œufs qu’on n’hésitera pas à briser, physiquement ou psychiquement, pour favoriser des naissances en nombre. Mais tous ces arguments ne sont que raison démocratique et humaniste, que seuls machistes, réactionnaires et autres profiteurs d’une société strictement hiérarchisée contredisent, sous le prétexte fallacieux de la défense d’un embryon qui n’est pas une personne, mais seulement la potentialité d’une vie, pas toujours humaine.

Si je suis pour le droit à l’I.V.G., c’est parce que je suis catholique. La Bible nous apprend que pour Dieu lui-même, l’homme, la femme, doivent toujours avoir le choix. Dès la Genèse, il nous est donné la possibilité de suivre ou pas un ordre, fût-il divin. Adam et Eve ne sont pas des machines sous commande divine, ils prennent la liberté qu’on leur donne, quitte à en subir les conséquences. Parce qu’ils sont à l’image de Dieu, hommes et femmes sont avant tout libres de leurs choix vis-à-vis de Lui et des autres hommes. Comme il nous est dit que Dieu « forma l’homme de la poussière et souffla dans ses narines un souffle de vie » (Genèse 2, 7), ni l’homme, ni la femme ne peuvent être une simple terre inerte et contrainte qu’on laboure et qu’on sème, avec du sperme, des interdits ou des idées toutes faites. Le Souffle de Vie nous confère liberté.

Avec la liberté imprescriptible de l’homme face à Dieu, la tradition juive sera le dialogue conflictuel, mais ininterrompu, entre l’Eternel et sa créature désobéissante. Puis vint l’Annonciation (Luc 1, 26-38).

L’Ange Gabriel annonce à Marie, une femme élevée dans la tradition juive de la Loi divine qu’on suit ou qu’on enfreint, qu’elle enfantera le Fils de Dieu. Bien que ce soit Gabriel, la « voix puissante » de Dieu qui la lui apporte, cette nouvelle est en elle-même un scandale du point de vue de la Loi. L’Incarnation de Dieu en l’homme, de Jésus en Marie, abolit la séparation entre l’Eternel et Adam et Eve ; elle efface tout contentieux ancien entre Dieu et l’Homme, tout ce qu’on pourrait appeler péché originel. Dieu est en Marie-l’Humanité, et le Fils de l’Homme est Dieu. Ce que propose Gabriel à Marie, ce ne sont plus des interdits ou une Loi à respecter scrupuleusement (ou pas), c’est de faire partie de Dieu lui-même, en l’enfantant. Ce n’est pas recevoir les tables de la Loi comme Moïse, ce n’est pas se voir imposer l’heureux miracle de la naissance d’Isaac, comme Sarah, l’épouse nonagénaire d’Abraham, c’est prendre part à la divinité. Gabriel s’adresse à une femme-image de Dieu, qui va enfanter Dieu. Il ne l’oblige donc à rien. Elle interroge : « Comment se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ? » Il lui répond : « Rien n’est impossible à Dieu », mais attend son accord avant de partir. C’est la premiere femme qui peut choisir d’être enceinte ou pas : formidable rupture anthropologique. Et c’est le « Oui » de Marie, son choix libre qui permet l’Incarnation. Pas la seule décision divine.

L’histoire conjointe de Dieu et des hommes passe de l’interdit d’Eden à la Loi de Moïse puis à l’Incarnation, acceptée librement par Marie, à qui Dieu lui-même n’impose ni la grossesse, ni la Loi, ni la foi. Cette évolution éclaire une position véritablement catholique, – chrétienne et universaliste – sur le droit à l’I.V.G. Interdire l’IVG n’empêchera pas les avortements clandestins et des milliers de femmes continueront à en mourir. Une loi est nécessaire, en Pologne comme en France et sur toute la Terre pour assurer à toutes les femmes le droit à l’I.V.G. et la maîtrise de leurs corps, de leur vie, de leurs choix intimes. Ainsi, quand surviendra l’annonce d’une naissance, comme Marie le fit en disant oui à Gabriel alors qu’elle pouvait dire non, les femmes pourront s’accomplir, et accomplir la loi des Hommes et de Dieu par leur choix libre.

Poster un commentaire

Classé dans Au fil du blog ...

Je suis catholique donc pour le droit à l’I.V.G.

J’ai publié ce texte en 2014 et l’avais dédié aux femmes d’Espagne et à toutes celles qui n’ont pas encore le droit à l’I.V.G. Les élucubrations de l’église catholique polonaise et de ses suiveurs politiques m’obligent à insister : non seulement le droit à l’I.V.G. est indispensable, mais tout catholique devrait le soutenir. Il est partie intégrante de l’anthropologie chrétienne. Et quant à ceux qui pensent encore qu’un œuf fécondé est un enfant, ils mériteraient de se faire assiéger de demandes de messes et de funérailles par toutes celles qui connaissent le douloureux désagrément de la fausse-couche.

                                                           …………….
Je suis catholique donc pour le droit à l’I.V.G. Le droit à l’I.V.G. épargne les vies sacrifiées, les naissances non désirées, les éducations inexistantes qui mènent aux destins criminels chez les plus défavorisés, dont les mères n’ont pas pu accéder à l’avortement, même clandestin. Et si le droit à l’I.V.G. était reconnu, soutenu et rendu possible partout, 70 millions de femmes sur la Terre ne mourraient pas chaque année sous les sales pattes de maladroites faiseuses d’ange. Le droit à l’I.V.G. reconnait aux femmes la maîtrise de leur corps, de leur vie, de leurs choix. Ne pas leur accorder, c’est les laisser sous le joug de la nature, du patriarcat et d’une citoyenneté de seconde zone. C’est considérer les femmes comme les couveuses des enfants des mâles, comme des coquilles d’œufs qu’on n’hésitera pas à briser, physiquement ou psychiquement, pour favoriser des naissances en nombre. Mais tous ces arguments ne sont que raison démocratique et humaniste, que seuls machistes, réactionnaires et autres profiteurs d’une société strictement hiérarchisée contredisent, sous le prétexte fallacieux de la défense d’un embryon qui n’est pas une personne, mais seulement la potentialité d’une vie, pas toujours humaine.

Si je suis pour le droit à l’I.V.G., c’est parce que je suis catholique. La Bible nous apprend que pour Dieu lui-même, l’homme, la femme, doivent toujours avoir le choix. Dès la Genèse, il nous est donné la possibilité de suivre ou pas un ordre, fût-il divin. Adam et Eve ne sont pas des machines sous commande divine, ils prennent la liberté qu’on leur donne, quitte à en subir les conséquences. Parce qu’ils sont à l’image de Dieu, hommes et femmes sont avant tout libres de leurs choix vis-à-vis de Lui et des autres hommes. Comme il nous est dit que Dieu « forma l’homme de la poussière et souffla dans ses narines un souffle de vie » (Genèse 2, 7), ni l’homme, ni la femme ne peuvent être une simple terre inerte et contrainte qu’on laboure et qu’on sème, avec du sperme, des interdits ou des idées toutes faites. Le Souffle de Vie nous confère liberté.

Avec la liberté imprescriptible de l’homme face à Dieu, la tradition juive sera le dialogue conflictuel, mais ininterrompu, entre l’Eternel et sa créature désobéissante. Puis vint l’Annonciation (Luc 1, 26-38).

L’Ange Gabriel annonce à Marie, une femme élevée dans la tradition juive de la Loi divine qu’on suit ou qu’on enfreint, qu’elle enfantera le Fils de Dieu. Bien que ce soit Gabriel, la « voix puissante » de Dieu qui la lui apporte, cette nouvelle est en elle-même un scandale du point de vue de la Loi. L’Incarnation de Dieu en l’homme, de Jésus en Marie, abolit la séparation entre l’Eternel et Adam et Eve ; elle efface tout contentieux ancien entre Dieu et l’Homme, tout ce qu’on pourrait appeler péché originel. Dieu est en Marie-l’Humanité, et le Fils de l’Homme est Dieu. Ce que propose Gabriel à Marie, ce ne sont plus des interdits ou une Loi à respecter scrupuleusement (ou pas), c’est de faire partie de Dieu lui-même, en l’enfantant. Ce n’est pas recevoir les tables de la Loi comme Moïse, ce n’est pas se voir imposer l’heureux miracle de la naissance d’Isaac, comme Sarah, l’épouse nonagénaire d’Abraham, c’est prendre part à la divinité. Gabriel s’adresse à une femme-image de Dieu, qui va enfanter Dieu. Il ne l’oblige donc à rien. Elle interroge : « Comment se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ? » Il lui répond : « Rien n’est impossible à Dieu », mais attend son accord avant de partir. C’est la premiere femme qui peut choisir d’être enceinte ou pas : formidable rupture anthropologique. Et c’est le « Oui » de Marie, son choix libre qui permet l’Incarnation. Pas la seule décision divine.

L’histoire conjointe de Dieu et des hommes passe de l’interdit d’Eden à la Loi de Moïse puis à l’Incarnation, acceptée librement par Marie, à qui Dieu lui-même n’impose ni la grossesse, ni la Loi, ni la foi. Cette évolution éclaire une position véritablement catholique, – chrétienne et universaliste – sur le droit à l’I.V.G. Interdire l’IVG n’empêchera pas les avortements clandestins et des milliers de femmes continueront à en mourir. Une loi est nécessaire, en Pologne comme en France et sur toute la Terre pour assurer à toutes les femmes le droit à l’I.V.G. et la maîtrise de leurs corps, de leur vie, de leurs choix intimes. Ainsi, quand surviendra l’annonce d’une naissance, comme Marie le fit en disant oui à Gabriel alors qu’elle pouvait dire non, les femmes pourront s’accomplir, et accomplir la loi des Hommes et de Dieu par leur choix libre.

Poster un commentaire

Classé dans Au fil du blog ...