Quoi de neuf Dimanche ? (11 février 2018, 6ème dimanche B)

Ce dimanche, choisis ton temps, camarade. Celui de Moïse (Lv 13, 1-2.45-46), quand l’on excluait du peuple pour le purifier. Celui de Paul (1 Co 10, 31-33 ; 11, 1), où chacun est censé « s’adapter à tout le monde » et agir « pour la gloire de Dieu ». Ou bien choisis le temps du Christ (Mc 1, 40-45), qui guérit qui lui demande, tant pis pour le Temple, puis se retrouve à devoir agir en dehors des villes, en dehors des clous religieux.

La Loi de Moïse exclut hors du camp tout malade, lépreux, porteur d’une quelconque lésion cutanée visible, une vraie incitation à la dissimulation, au voile et à la tartufferie. On oublie juste une phrase de l’Eternel : « on l’amènera au prêtre Aaron ou à l’un des prêtres ses fils », qui sont censés y faire quelque chose. Moui … Enfin, c’est tellement plus simple de cacher la poussière sous le tapis, les lépreux en dehors du camp, les huguenots aux Provinces-Unies, les juifs dans une fosse, les Palestiniens à Gaza, les pauvres dans une cité, tous les indésirables en périphérie de mon monde.

Paul n’y change pas grand chose. Il se contente de vouloir nous faire suivre une discipline personnelle. Et si tout le monde faisait comme moi, scrongneugneu, ça irait mieux. Une autoroute mentale pour les méritants volontaires, les austères, les disciplinés, les froids calvinistes et les raides jansénistes. Et pendant ce temps, les éclopés de la vie spirituelle sont laissés pour compte, seuls, en périphérie, comme dirait François.

Le Christ guérit et donne une dernière chance au Temple de tirer quelque avantage de son action : « va te montrer au prêtre et donne pour ta purification ce que Moïse prescrit dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. » Mais il y a tellement longtemps que le prêtre n’a rien dit à ces lépreux, à tous ceux dont la peau spirituelle tombe en lambeaux, que l’ancien malade préfère proclamer sa guérison tout seul, même si ça fâche le Temple. Si bien que Jésus se retrouve lui-même exclu. Et c’est alors toute la ville, habituée à cacher ses plaies que le Temple ne peut panser, qui sort en masse en banlieue, le « lieu du ban », pour retrouver sa vérité. À quoi sert une cité policée, une basilique lisse, où la moindre acné, la moindre acmé, doit se terrer pour ne choquer personne, où ceux qui sont censés s’occuper des gens ne voient que des corps et ne pensent qu’au culte ?

Avant d’entrer en Carême, mercredi prochain, l’Eglise, c’est-à-dire nous tous, devrait s’interroger sur ses actions prioritaires : tenir des lieux de culte, débiter des messes, extruder du baptisé, mouler du confirmand, synthétiser du séminariste, tréfiler du mariage, ou bien simplement écouter, laisser parler les vies en morceaux, les spiritualités bidouillées et fragmentaires de tous ceux qui ont deux-trois questions à poser sur les marches du monde …

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Quoi de neuf Dimanche ? (4 février 2018, 5ème dimanche B)

Ce dimanche, Job (7, 1-4.6-7) se demande si la vie vaut la peine d’être vécue, et Paul explique qu’il passe la sienne à annoncer l’Evangile (1Co 9, 16-19, 22-23). Le Christ, lui, guérit (Mc 1, 29-39). Et chasse les esprits mauvais. Ah, il proclame aussi la Bonne Nouvelle. Aussi. Mais pas seulement.

Job est un bon bourgeois chrétien, « intègre et droit ; il craint Dieu, et se détourne du mal ». Un modèle pour les puritains de Max Weber, ceux de « L’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme », qui méprisent l’argent, mais accumulent le capital, cette chose dont les pauvres sont exclus. Fort de sa morale et de sa foi inflexible, Job ne reniera jamais Dieu, quoi que lui fasse le Diable, mais il finit par trouver l’existence éprouvante. Eh oui, Job, cette vie que tu décris, c’est celle des pauvres, pas la tienne d’avant tes malheurs.

Pour éviter une douloureuse prise de conscience sociale, Paul a son joker : « j’annonce l’Évangile, je n’ai pas à en tirer orgueil, c’est une nécessité qui s’impose à moi ». Ce faisant, il joue hors-jeu social, il n’est là que pour être apôtre, rien d’autre. D’ailleurs, en 1 Corinthiens 9, 6, il le dit très clairement : « est-ce que moi seul et Barnabé nous n’avons pas le droit de ne point travailler ? » Paul invente le prêtre consacré, surtout pas ouvrier, plus ou moins dûment rétribué par la communauté.

Le Christ évite ces débats et ces considérations. D’abord Jésus ressuscite, c’est-à-dire qu’il fait se lever. Se lever, c’est être debout pour agir. Ici, c’est la mère de Simon, qui, guérie, se met à servir le Christ et ses compagnons. Si nous considérons cette femme au sens propre, voilà seulement un bon exemple de machisme antique. Mais si nous nous disons que la mère de Simon symbolise l’héritage culturel et spirituel des Apôtres, alors le service rendu est bien supérieur. On pourrait même en conclure que des femmes pourraient prêcher, baptiser, marier, consacrer le pain et le vin, plutôt que de contenter de changer l’eau des vases de fleurs devant l’autel. Mais il y a plus important. C’est ce que fait le Christ : continuer à guérir. « Le soir venu, après le coucher du soleil », quand la nuit du malheur menace, il faut chasser « beaucoup d’esprits mauvais ». Puis, le lendemain, « bien avant l’aube », se lever, ressusciter, quoi, et partir ailleurs, « afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle ; car c’est pour cela que je suis sorti ». Tout en « chassant les esprits mauvais », vous savez, tous ceux qui savent ou qui croient savoir qui est le Christ. Ça fait pas mal de monde, impossible à dénombrer. Ne perdons pas de temps avec ces tristes sires. Levons-nous, sortons, agissons, soignons, pansons, pensons.

L’Espérance suivra.

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Quoi de neuf Dimanche ? (28 janvier 2018, 4ème dimanche B)

Ce dimanche, voilà du prophète, dans toutes les tailles. Des successeurs de Moïse (Dt 18, 15-20), Paul et ses conseils de célibat (1Co 7, 32-35), puis enfin, le Christ lui-même, qui se contente d’enseigner, de commenter la Parole de Dieu (Mc 1, 21-28).

Moïse gère sa succession, pour éviter au Peuple de se retrouver seul face à Dieu, « cette grande flamme », et en mourir. Pour Moïse, ce ne sera pas : « Après moi, le Démiurge ». Il annonce d’autres prophètes, mais le Seigneur prévient contre les faux : « un prophète qui oserait dire en mon nom une parole que je ne lui aurais pas prescrite, […], ce prophète-là mourra ». On devrait toujours retenir ce verset avant de donner son avis en tant que catholique …

Paul nous fait une petite fixette sur le célibat, seul moyen pour lui d’avoir « le souci des affaires du Seigneur ». Heureusement qu’au verset 25, il nous a bien précisé : « Pour ce qui est des vierges, je n’ai pas d’ordre du Seigneur ». Tous ceux qui ont joué au prophète avec Paul pour construire la morale sexuelle de l’Eglise vont donc mourir, c’est écrit dans le Deutéronome. La liturgie de ce jour, par la pertinente association de ces deux textes, l’annonce de prophètes par Moise et les petits conseils coincés de Paul, nous libère de toute contrainte que pourrait encore exercer la religion chrétienne sur le corps. Bon, ça, c’est fait.

L’Evangile de ce jour démontre que le Christ n’est pas venu pour traquer le démon dans le corps, mais pour enseigner à toute la personne. À la synagogue de Capharnaüm, il n’exorcise pas le possédé. C’est l’esprit mauvais lui-même qui vient lui chercher querelle tout en le reconnaissant comme Dieu : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu. » Jésus, qui n’a fait qu’enseigner, que commenter l’Ecriture, obtient la fuite du démon, sans cérémonie, sans incantations, sans exorcisme.

Évidemment, il faut croire en la force de la Parole. Et savoir dire « Silence ! Sors de cet homme » quand un faux prophète dirait « au nom de Dieu une parole qu’Il ne lui aurait pas prescrite ». Si, si, ça arrive …

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Quoi de neuf Dimanche ? (21 janvier 2018, 3ème dimanche B)

Ce dimanche, Jonas traverse en coup de vent Ninive qui se convertit aussitôt (Jonas 3, 1-5, 10), Paul aimerait nous détacher vite d’un monde qui passe (1 Co 7, 29-31), et le Christ emporte sans s’arrêter ses premiers pêcheurs d’hommes, Simon, André, Jacques et Jean, car « les temps sont accomplis, le Règne de Dieu est tout proche » (Mc 1, 14-20). Pfou, on n’a même pas trois jours pour ressusciter tranquillement.

« Ninive était une ville extraordinairement grande : il fallait trois jours pour la traverser. Jonas la parcourut une journée à peine. » Jonas devient-il champion de course à pied ? Non, c’est Ninive qui se concentre. Pour une fois, elle entend un prédicateur pertinent. C’est si rare. Mais Jonas semble à peine se rendre compte du pouvoir de la Parole qu’il porte.

Paul nous décrit un monde qui passe et un temps limité. C’est bientôt la fin du monde ? On va tous mourir ? Non, mais on aimerait bien la fin du quotidien et du fatal, du contingent et du banal, du règlement et de la morale. Le Grand Pardon est un don partout, un nouveau jeu, un apurement des dettes, même folles et grecques, même scandaleuses et juives (« Nous, nous prêchons Christ crucifié; scandale pour les Juifs et folie pour les Grecs. » 1 Corinthiens 1, 23). Une fois Christ mort et ressuscité, pourquoi perdre son temps à faire comme avant ? Pourquoi supporter contraintes, inégalités, douanes diverses du corps et de l’esprit ? Si certains veulent perpétuer le monde d’avant, avec capitaux, cardinaux, billets verts et habits rouges, ce sera sans nous : nous n’en avons pas le temps.

Le Christ le dit lui-même : « Les temps sont accomplis ». Il n’y a plus de passé à sauver ou de futur à projeter, c’est le présent qui compte, c’est aujourd’hui que les apôtres se lèvent et marchent, que « les affamés sont comblés de biens et les riches renvoyés les mains vides » (Luc 1, 53).

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Quoi de neuf Dimanche ? (14 janvier 2018, 2ème dimanche B)

Ce dimanche, Samuel (1 S 3/3b-10.19) devient prophète plus que grand prêtre. Mais nos grands prêtres de la liturgie dominicale nous font de la dentelle avec le chapitre 6 de la première lettre aux Corinthiens (1Co 6, 13b-15a.17-20). De quoi transformer un texte sur la « débauche » en motifs ajourés pour petite culotte. Heureusement que Jésus (Jn 1, 35-42) vient nous poser la vraie question : « Que cherchez-vous ? »

Samuel ne sera pas le successeur du prêtre Éli, bien qu’il ait vécu auprès de lui dès sa plus tendre enfance, consacré au Temple par Anne, sa mère. Samuel est peut-être le dernier Juge d’Israël, mais il est surtout faiseur de rois : d’abord Saül, puis David, choisi encore enfant et simple berger. Samuel se fiche de l’ordre du Temple, il est à l’écoute de l’Eternel. Au début, il croit que c’est Eli le prêtre qui l’appelle, mais celui-ci comprend que le Seigneur s’adresse directement à cette jeune foi qui ne demande qu’à grandir et à s’affranchir. Eli (« la montée ») n’est qu’un tremplin pour la mission de Samuel, le serviteur d’un serviteur de Dieu. Alors, il donne le seul conseil possible : écouter et dire au Seigneur qu’on écoute. Pas plus, pas moins. Beau programme pour un croyant. Sans oublier aussi de prendre soin de faire les rois, mais aussi de savoir les démettre. Éviter les monarchies absolues et les curies pontificales. Et n’avoir aucune parole qui demeure sans effet.

La liturgie contourne les paroles un peu fortes de la première lettre aux Corinthiens, histoire d’éviter de parler de diverses puteries, comme Chouraqui le dit dans sa belle et brutale traduction : « Le corps n’est pas fait pour la puterie mais pour l’Adôn, et l’Adôn pour le corps. » L’Adôn, c’est la Justice. Mais quel rapport avec ces versets expurgés ce dimanche : « Prendrai-je les membres du messie pour en faire des membres de putain ? Au contraire ! Ou bien ne savez-vous pas que celui qui se colle à une putain est avec elle un seul corps ? » En croyant passer rapidement sur une sordide histoire de cul, la liturgie et la tradition concluent un peu vite que le bon croyant doit se tenir chaste. Alors qu’ « au contraire », des « membres de putain » peuvent être pris pour faire « les membres du messie ». Oublierait-on que « Dieu, par sa puissance, a ressuscité le Seigneur », qu’ »Elohîms a réveillé l’Adôn », que le Tout-puissant a réveillé la Justice ? Et que les putes, avec lesquelles l’Eglise et les croyants se vérolent, sont la lâcheté, l’inégalité, la corruption, le conflit d’intérêt, la collusion avec les puissances, le machisme, l’homophobie et l’oubli des pauvres ?

Alors, « Que cherchez-vous ? » demande le Christ. À savoir où demeure la Justice. Et l’accomplir, complètement, jusqu’à la dixième heure, au delà des « Dix » Commandements. Longue et belle marche. Ensemble.

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Quoi de neuf Dimanche ? (Epiphanie, 7 janvier 2018)

Ce dimanche, il y a manifestation, Épiphanie en grec. Les mages défilent devant Jésus enfant et lui déroulent de l’or, comme à un roi, de l’encens, comme à un dieu, et de la myrrhe, comme à un mort, ou plutôt comme à un ressuscité. Mais avant cela, Isaïe se réjouit du retour des exilés dans une Jérusalem sans temple, pas encore reconstruit (Isaïe 60, 1-6), et Paul ouvre le mystère du Christ à tous, même aux païens (Éphésiens 3,2-3a.5-6).

Nos mages sont des savants avant d’être des rois, ils étudient et suivent les temps et les étoiles. Ils ont l’air de suivre l’Etoile du Berger jusqu’à Jérusalem, résidence royale pour un roi d’Israël. Mais point de roi nouveau-né. Seulement Hérode, qui, inquiet, consulte d’autres savants, ceux qui lisent l’Ecriture, lesquels conseillent d’aller voir à Bethléem. C’est à ce moment que les problèmes commencent. L’accès aux pieux scribes d’Israel s’est fait par Hérode, par le pouvoir politique, qui donc est alerté, comme par une vulgaire NSA. Évidemment, il va demander aux Mages des informations sur ce messie qui pourrait menacer son règne.

Les Mages s’en vont, sentant l’embrouille. Et l’Etoile réapparaît. On pouvait croire qu’ils l’avaient suivie jusqu’à Jérusalem. Mais non, ils se croyaient arrivés, plus intelligents que leur GPS. Ils se disaient : un roi, c’est à la capitale. Erreur. On peut supposer que suivre modestement l’Etoile les aurait mener directement à Bethléem, sans passer par la case Pouvoir. Et ce n’est que parce qu’ils en sont avertis en songe qu’ils ne retournent pas à Jérusalem chez Hérode, mais « regagnent leur pays par un autre chemin ».

Nous sommes tous attirés par les voies droites, les routes larges et les parcours balisés. Nous montons à la capitale pour y réussir, nous y restons quand nous y sommes déjà. Nous gravissons ou descendons les échelons, les voies hiérarchiques, nous respectons bon gré mal gré l’ordre et les ordres, en les suivant ou en nous y opposant. Pensons nous aux sentiers que personne n’emprunte, mais qui évite la pression du pouvoir et les jeux de la domination ? Des chemins qui semblent des détours mais vont aussi droit qu’une étoile qui se lève dans le ciel clair d’une nuit d’hiver. Des chemins qui n’ont que faire des rois, des royaumes, des chefs et de leurs territoires. Et qui mènent à l’essentiel, à Bethléem, la « maison du pain », du pain pour tous, et pour toutes les faims, toutes les fins.

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Quoi de neuf Dimanche ? (La Sainte Famille B, 31 décembre 2017)

Bonne année à tous. Hier dimanche, on a fêté la Sainte Famille. On va enfin savoir quel est le style de famille le plus adéquat à adopter pour les bons catholiques que nous sommes

Premier exemple édifiant : Abraham et Sara (Gn 15, 1-6 ; 21, 1-3). Des vieux. Stériles. Qui risquent de voir leur héritage, leur pays, tomber aux mains de leurs domestiques arabo-syriens, et qui commencent à craindre le « grand remplacement » démographique des thèses complotistes d’extrême-droite. Finalement, le Seigneur leur donne un fils dans leur vieillesse. Un vieux papa, une vieille maman, c’est ce qu’il y a de mieux pour un enfant ? Mets donc le maxi-cosy sur le déambulateur, ce sera plus pratique pour descendre du trottoir. Et arrête de trembler, tu vas nous le réveiller, le môme. Non, finalement, Isaac et ses vieux ne sont peut-être pas un modèle familial. Ne témoigneraient-ils pas plutôt de la contraception du simple sentiment religieux et de la fécondité de la réflexion, de l’attente ?

Paul (He 8.11-12.17-19) semble nous confirmer qu’Abraham et Sarah sont des parents terribles. Aujourd’hui, si vous partez dans la montagne offrir votre enfant en sacrifice, on prévient, à raison, l’Aide Sociale à l’Enfance. Mais ce que fait ici Abraham n’est d’ordre ni parental, ni familial. Attention, vous avez le choix entre deux interprétations de son geste. Soit Abraham, notre père dans la foi, est un religieux obéissant qui peut envisager que Dieu va faire mourir le fils qu’il lui a donné. Et il obéirait donc sans croire à l’Amour de Dieu. Aïe. Ou bien, Abraham y croit tellement qu’il sait qu’Isaac ne sera pas sacrifié. Il croit alors sans vraiment obéir, se contentant d’écouter les instructions de ce qu’il estime impossible. Obéir sans croire ou croire sans obéir, choisissez votre camp, camarades cathos !

Bon, toujours pas de modèle familial à se mettre en banderole lors d’une prochaine manifestation identitaire bourgeoise et anti-moderne. Gasp. On ne lâche rien, rien, rien, jamais, mais qu’est qu’on fait quand on tient du vide ? Scrutons donc l’Evangile (Lc 2,22-40) à la recherche de ce modèle familial catho-conforme. Enfin, voilà deux parents responsables et croyants qui emmènent diligentement leur fils au temple pour les cérémonies idoines. Ah, l’enfant a été conçu hors mariage ? Et le mari n’est pas le père ? Tsss tsss, société permissive. Oubli des vraies valeurs. Ah, les jeunes d’aujourd’hui. Et c’est quoi, ce vieil illuminé de Syméon qui met ses pattes sales sur Jésus. Et puis cette Anne, cette prophétesse, tu m’en diras tant, une femme qui dit la Parole de Dieu, et puis quoi encore, pourquoi ne pas lui laisser lire l’Evangile à la messe, tant qu’on y est ? Jésus, Marie, Joseph, Syméon, Anne, sans compter leurs vieux parents, Abraham, Sarah, Isaac, quelle tribu ! Infréquentables, je vous dis. L’enfant Jésus, on l’élève n’importe comment, sans même faire tinter la clochette réglementaire, entouré d’abrutis qui croient avoir la foi sans être foutus de produire ni certificat de baptême, ni carte de messe : Syméon, Anne, etc. Plus tard, je vous le dis, cet enfant ne sera qu’un va-nu-pieds mal équarri, entouré de voleurs, de fonctionnaires, de marginaux, de mendiants, de handicapés et de putes.

Eh oui, la Sainte Famille, c’est un pieux bordel ! Quant au modèle familial des « vraies » familles, avec le papa, la maman et leurs petits héritiers, c’est juste bon pour les bourgeois qui jouent au prince et à la princesse dans leur salon. Dieu s’en fout et nous aussi. Nous souhaitons juste faire Sainte Famille avec tous ceux qui croient en Christ.

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